Gazette Drouot logo print

Dans les petits papiers de la maison Sagot-Le Garrec

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Dans l’écurie de la galerie Sagot-Le Garrec, fondée en 1881, on retrouve un nombre important de ceux ayant écrit l’aventure de l’art moderne. La Gazette du 28 septembre dernier (no 33) vous en livrait quelques noms page 66, et le catalogue de la vente, provenant d’une succession familiale, s’ouvrait sur une affiche de leur...

Dans les petits papiers de la maison Sagot-Le Garrec
Auguste Rodin (1840-1917), Danseuse cambodgienne au sampot rouge, vers 1906-1907, crayon, lavis d’aquarelle et trace de gouache sur papier vélin, 32 x 24,5 cm.
Adjugé : 42 500 €

Dans l’écurie de la galerie Sagot-Le Garrec, fondée en 1881, on retrouve un nombre important de ceux ayant écrit l’aventure de l’art moderne. La Gazette du 28 septembre dernier (no 33) vous en livrait quelques noms page 66, et le catalogue de la vente, provenant d’une succession familiale, s’ouvrait sur une affiche de leur maison lorsqu’elle était située 30 bis, rue de Châteaudun à Paris, illustrée par Helleu. Les œuvres sur papier estampes, affiches illustrées et dessins étaient au cœur de leurs activités de marchands, d’éditeurs et de collectionneurs et l’on sait à quel point cette enseigne fut une référence dans le développement de l’estampe. Edmond Sagot était un visionnaire : il a su très tôt percevoir toutes les possibilités commerciales offertes par ce support et attirer les artistes en leur faisant concevoir les cartes de visite de la galerie. Corot, Daumier, Delacroix, Vallotton, Gauguin et Rodin entre autres entrent ainsi dans les petits papiers de la maison. Cette dispersion proposait deux dessins d’Auguste Rodin (1840-1917) rehaussés d’aquarelle, un Nu de femme le buste renversé, crayonné vers 1900 (45 000 €), et une Danseuse cambodgienne au sampot rouge, exécutée vers 1906-1907 (42 500 €, reproduite ci-contre). Le maître a lui-même raconté comment le spectacle des danseuses du Ballet royal du Cambodge, découvert en 1906 au théâtre du Pré-Catelan, l’avait inspiré et combien, en observant leur gestuelle si particulière, il avait appris. «Pour tout dire, si elles sont belles, c’est qu’elles produisent naturellement des mouvements justes», écrit-il. Conquis par la nouveauté des gestes, il les suit jusqu’à Marseille pour pouvoir les dessiner sans relâche, réalisant en une dizaine de jours environ cent cinquante feuilles. L’artiste utilise à chaque fois le crayon de graphite pour tracer rapidement le contour et, à l’aide de grands aplats de gouache ou d’aquarelle, pose la couleur dans des harmonies subtiles. Autres études, celles de Paul Gauguin (1848-1903) pour des animaux… C’est entre 1901 et 1902 que le peintre s’y consacre. Un monotype (31 x 24,4 cm) présentant plusieurs buffles dans des attitudes différentes retenait 25 000 €. Pour conclure, un petit coup de cœur pour le pochoir de l’affiche du Salon de la plume, dessiné en trois tons sur une feuille d’or églomisée par Pierre Roche, pour l’édition de 1896. Le regard bleu saphir de la femme émergeant de sa chevelure rousse épanouie saisissait 1 062 €.

vendredi 05 octobre 2018 - 14:00 (CEST) - Live
Salle 7 - Hôtel Drouot - 75009
De Baecque et Associés
Gazette Drouot
Gazette Drouot
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 4 articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne