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Anthony Caro. More Real, More Felt

Publié le , par Virginie Huet

C’est à une sculpture «plus vraie, plus ressentie» qu’aspirait l’Anglais Anthony Caro, disparu en 2013 à 89 ans. À preuve, la douzaine de pièces uniques, montées entre 1973 et 2011 – en bronze, en laiton, en aluminium, la plupart en acier –, marquant sa huitième exposition chez Templon, son marchand depuis 2005. Il a fallu...

Anthony Caro (1924-2013), Slow March (B1796), 1985, acier peint en or et rouge, 208,5 x 145 x 155 cm.... Anthony Caro. More Real, More Felt
Anthony Caro (1924-2013), Slow March (B1796), 1985, acier peint en or et rouge, 208,5 145 155 cm.
© Courtesy Templon, Paris - Brussels


C’est à une sculpture «plus vraie, plus ressentie» qu’aspirait l’Anglais Anthony Caro, disparu en 2013 à 89 ans. À preuve, la douzaine de pièces uniques, montées entre 1973 et 2011 – en bronze, en laiton, en aluminium, la plupart en acier –, marquant sa huitième exposition chez Templon, son marchand depuis 2005. Il a fallu le concours de sa succession et de l’Anthony Caro Center, abrité dans son atelier de Camden, dans le nord de Londres, pour les réunir. Toutes parlent le langage abstrait de cet apprenti ingénieur, formé à la Royal Academy of Arts avant d’assister Henry Moore, dont les géants de bronze lui feront moins d’effet que les géométries de fer de David Smith – rencontré à New York en 1959 grâce au critique Clement Greenberg. À sa manière, Caro défie les conventions, troquant la pierre pour le métal soudé, le socle pour le sol. En résultent des assemblages d’un genre nouveau faisant la synthèse entre sculpture et architecture, comme Belt ou Slow March, de 1985, des monuments peints – l’un marron et argent, l’autre en rouge et or – faits de courbes et angles mêlés. Rétives à l’idée même de représentation, ses machines aux points d’attache apparents gardent le sens du rythme : «Je tente de composer comme avec des notes de musique», déclarait sir Caro, anobli en 1987. Derrière le mur du fond, cinq pièces détachées jouent en sourdine, juchées sur leurs estrades. De taille modeste, lovées sur elles-mêmes, ce sont des volumes au sens étymologique du terme. On jurerait même voir un rouleau de papyrus posé sur Pine Butt (1983), tas de rouille façon millefeuille, présenté près de Cuckoo (2001) et de Cup (2011), des arènes miniatures et sophistiquées tout en spirales, plis et replis. Mais pour comprendre la grande affaire de ce génial passeur, dont les idées agiront sur Barry Flanagan, Tony Cragg ou Richard Long – ses élèves à la Saint Martins School of Arts –, il faut tourner autour de Table Piece CLXIII (1973) : une rampe qui, vue de côté, a l’air d’une pelle, ondule et dégouline de sa base. Elle est instable, pareille à la vie, avec laquelle Caro nouait un «lien direct».

Galerie Templon,
30, rue Beaubourg, Paris 
III
e, tél. : 01 42 72 14 10.
Jusqu’au 5 mars 2022.
www.templon.com
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