Alchimiste de la photographie

Le 12 novembre 2020, par Claire Papon

C’est à Louis Rémy Robert que revient le lever de rideau d’un après-midi consacré à la photographie. Une figure de référence dans les années 1850 dont on découvre ou redécouvre le travail.

Louis Rémy Robert (1810-1882), Calvaire et ossuaire de Plougonven, Bretagne, négatif sur papier ciré, vers 1852-1853, 35 27 cm.
Estimation : 4 000/6 000 

Parmi les personnalités de la photographie primitive, il faut compter avec Louis Rémy Robert, au même titre que Nicéphore Niepce, Gustave Le Gray, Victor Regnault, ou Louis-Désiré Blanquart-Évrard. Mais à la différence de ceux-ci, il se fait rare sur le marché. Ces images sont d’autant plus attendues qu’elles proviennent de la collection Guy Watelin, descendant de l’artiste. Une soixantaine de tirages albuminés
et négatifs sur papier ciré, dont les estimations oscillent de 600/800 à 5 
000 € environ, permettent de découvrir son univers et ses recherches. Ses portraits d’hommes ou de femmes, seuls ou en petits groupes, semblent saisis presque sur le vif. Les personnages sont représentés assis sur une brouette, sur une chaise adossée à une porte, sur une malle en osier, un perron, presque indifférents au photographe. Autre sujet d’intérêt de Robert, la Bretagne, sur laquelle il est le premier à promener son objectif en 1852-1853. Ses images illustreront l’ouvrage Anciens évêchés de Bretagne : histoire et monuments, de Geslin de Bourgogne et Barthélemy, dont le premier volume paraît en 1855. Sur certaines images sont ajoutés des personnages dessinés par Émile Van Marcke, gendre du photographe. Volonté de les rendre plus vivantes ou expérience technique ? On peut s’interroger, sachant que Louis Rémy Robert a grandi à la manufacture de porcelaine de Sèvres, où son père est chimiste et chef de l’atelier de peinture sur verre et sa mère artiste peintre. Gravissant à son tour les échelons des ateliers de peinture et de dorure, il deviendra administrateur de l’établissement en 1871. Il laisse des paysages et des vues d’architecture de la manufacture et un ensemble de calotypes pour l’album de Branquart-Évrard, Souvenirs de Versailles (1853).

vendredi 20 novembre 2020 - 01:00 - Live
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