La collection fragile et précieuse de Barbara Wirth

Le 21 octobre 2020, par Anne Doridou-Heim

Barbara Wirth cultivait une passion pour les verres anciens, valorisée à près d'1 M€.
 

France, début du XVIIe siècle. Gobelet cylindrique décoré du chiffre «CMSGMH» en émail bleu et blanc, surmonté d’une couronne dorée de marquis et entouré de palmes dorées liées par un ruban bleu, h. 14, diam. 9,8 cm.
Adjugé : 49 400 

L’Événement de la Gazette n° 34 (voir l'article Le verre, le jardin secret de Barbara Wirth page 12) était consacré à la collection de verres anciens de Barbara Wirth. Il s’agissait d’un juste coup de projecteur jeté sur cet ensemble exceptionnel, tant par sa rareté que par son historicité. Le marché n’est pas resté de pierre devant ces créations essentiellement des XVIe et XVIIe siècles, saluant la plupart d’entre elles de belles enchères avec des estimations souvent multipliées par trois ou quatre, ce qui permettait d’obtenir pour le tout un résultat de 971 139 €. Parmi les pièces mises en lumière figurait le verre à coupe conique reproduit page droite : un travail français de la fin du XVIe ou du début du XVIIe siècle, sous le règne du bon roi Henri donc, lorsque la France prenait sa revanche sur l’Italie en matière artistique. L’objet est en tout point remarquable, son résultat de 88 400 € également. Tout comme les 37 700 € de la coupe dite «magelei» à rebord doré, une création vénitienne ou à la façon de Venise (voir page 15 de l’article mentionné), et les 31 200 € d’un verre à coupe octogonale, moulé aux Pays-Bas au XVIe siècle. Une surprise sonnante et trébuchante de 49 400 € accueillait ensuite ce gobelet cylindrique émaillé, décoré d’un chiffre et d’une couronne, issu d’un travail français du début du XVIIe siècle. Son type est rare parmi cet ensemble, la collectionneuse choisissant surtout des pièces montées sur jambe. À signaler aussi les 26 000 € d’un verre à coupe ondoyante sur pied exécuté en France au XVIsiècle, un modèle que l’on peut retrouver sur la tapisserie du Triomphe de Bacchus de la tenture bruxelloise des «Triomphes des dieux», d’après Giovanni da Udine. Bernard Perrot, le réputé verrier orléanais de la seconde moitié du XVIIe siècle, a justement campé Bacchus (voir l’encadré page 16 du même article). Enfantin et jovial, il chevauchait son tonneau pour 11 050 €. La seule petite déception venait des institutions. Seul le Centre des monuments nationaux a préempté pour le palais du Tau à Reims, et à 13 000 €, la rare bouteille à long col (h. 44 cm) portant le sceau du sacre de Louis XV et coulée en Champagne vers 1722. On aurait aimé que la maquette en carton découpé et doré fabriquée au début du XVIIIsiècle, représentant la chapelle royale de Versailles (voir page 48 de la Gazette n° 35) et emportée à 19 500 €, retrouve elle aussi la maison qu’elle servait.

mardi 13 octobre 2020 - 02:00 - Live
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