Un coffre, chef-d’œuvre de maîtrise

Le 14 janvier 2021, par Anne Doridou-Heim

Ce type de coffre était réalisé par l’apprenti souhaitant démontrer son talent. Il y mettait toute son âme.

Strasbourg, vers 1730-1740. Coffre de maîtrise en fer forgé à décor
au repoussé et ciselé de feuillages, écoinçons et cabochons ajourés, 82 
45 46 cm.
Adjugé : 52 070 

Un coffre trouvait facilement la voie pour s’ouvrir parmi un ensemble de ferronnerie comptant pêle-mêle clés, heurtoirs, potences… Celui-ci n’est pas banal, puisqu’il s’agit d’une pièce exécutée par un apprenti désirant accéder à la maîtrise. Pour cela, l’impétrant devait réaliser une serrure complexe – la sienne ne comporte pas moins de vingt-deux pênes, avec de nombreux renvois et tirettes –, dont il devait présenter l’épure aux maîtres de sa discipline. Outre le fait qu’il soit d’une vraie complexité technique, l’objet en fer forgé est esthétique, son couvercle dévoilant en effet une plaque ajourée et gravée de motifs dans l’esprit de Bérain. Il a été exécuté à Strasbourg  vers 1730-1740, ainsi que le poinçon de la corporation – les armes de la ville flanquées des initiales «S Z» – en atteste, et possède par ailleurs deux équivalents conservés au palais Rohan de la capitale alsacienne. L’art de la ferronnerie était au plus haut aux XVIIe et XVIIIe siècles, chaque détail comptant afin d'aboutir à chaque fois à une œuvre unique alliant l’utile à la préciosité. Autant d’atouts qui menaient celle-ci à réussir de nouveau haut la main son examen, assorti d’une mention de 52 070 €.

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