À Saintes, Baudelaire par lui-même

Le 15 décembre 2017, par Philippe Dufour

Au sein de l’abbaye aux Dames, à Saintes, se déroulaient trois jours de ventes marqués par une grande diversité, puisque dispersant livres, autographes comme tableaux anciens et objets d’art.

Charles Baudelaire (1821-1867), dessin original au crayon, 119 x 81 cm. Fixé sur un montage avec pour légende : «Charles Baudelaire par lui-même».
Adjugé : 39 680 €

Au final, pour 39 680 €, le gagnant toutes catégories se révélait être un petit dessin original au crayon, issu de la collection de Jean-Louis Debauve, qui était dispersée ce jeudi 7 décembre. Fixé sur un montage, une légende se laissait déchiffrer et donnait le nom de son illustre auteur : «Charles Baudelaire par lui-même». Il s’agit donc d’un précieux autoportrait de l’un des plus grands poètes français ; une autre annotation indiquait son propriétaire initial : «Collection C. A., monogramme pour Charles Asselineau.» Ce dernier, hommes de lettres, rencontre Baudelaire en 1845 et devient l’un de ses rares et fidèles amis. À tel point qu’il le soutient en 1857, lors de la parution houleuse des Fleurs du mal, et qu’il sera l’auteur de la première biographie – posthume – de l’écrivain, en 1869, intitulée Charles Baudelaire, sa vie et son œuvre. Sans doute tracé entre 1843 et 1848, ce dessin n’est pas un inconnu puisqu’on le retrouve reproduit dans l’album de la Pléiade comme dans les Dessins de Baudelaire, de Claude Pichois et Jean-Paul Avice. Quant aux tableaux, ils prenaient le relais le samedi 9 décembre ; et c’est la toile présentée dans la Gazette n° 42, page 226, qui tirait son épingle du jeu : Le Paiement de la dîme ou l’Avocat du village, par un suiveur de Pieter Bruegel le Jeune, décrochait 19 840 €.

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