Vietnam idéal par Nguyên Gia Trí

Le 09 janvier 2020, par Sophie Reyssat

Avec ce paravent, Nguyên Gia Trí confirme la cote d’amour de ses paysages de laque.

Nguyên Gia Trí (1908-1993), Scène de village, paravent à six feuilles en bois laqué polychrome, non signé, dimensions totales par panneau : 99,8 32,7 à 32,9 cm, h. de la scène : 94,7 cm.
Adjugé : 375 000 

Emporté dans son estimation haute moyennant 375 000 €, ce paravent est caractéristique des créations du laqueur vietnamien Nguyên Gia Trí entre 1937 et 1940, une période considérée comme l’âge d’or de sa technique et de son style (voir Gazette n° 44, page 61). Le 30 juin dernier déjà, et toujours à Versailles (Éric Pillon Enchères OVV), un autre paravent à six feuilles de dimensions similaires, montrant lui aussi des villageois, était négocié à 475 000 € ; leur différence réside dans le fait que ce dernier est signé et daté «1938» (voir l'article Nguyen Gia Tri, maître laqueur de la Gazette n° 26, page 72). Formé à l’art ancestral du laque dans l’atelier ouvert par Joseph Inguimberty au sein de l’École des beaux-arts de l’Indochine, Nguyên Gia Trí a dépassé les leçons de ses maîtres en expérimentant différentes manières de travailler la matière. En fusionnant l’influence occidentale, inspirée par la peinture à l’huile, et le procédé vietnamien de ponçage et de polissage, à l’origine de nuances subtiles, il a ouvert de nouvelles perspectives aux artistes de son pays. Retour en France, avec l’autre succès de l’après-midi : les 108 750 € recueillis par La Jeune Châtelaine de Camille Claudel, une fonte posthume à patine brune nuancée réalisée par Deval, initialement attendue autour de 35 000 €. Cette sculpture représente Marguerite Boyer, la petite-fille de la propriétaire du château de L’Islette, où la sculptrice résida pendant ses séjours en Touraine, entre 1890 et 1893. En la façonnant, l’artiste s’affranchit de l’influence de Rodin, dont elle se séparait alors. Elle a longuement fait poser la fillette, faisant notamment évoluer le modelé de sa chevelure. Un portrait prenait également la tête de la section peinture, celui de la Femme au poisson, Tarsa, peinte par Léopold Survage en 1930 et décrochée à 19 375 €.

dimanche 22 décembre 2019 - 14:00 - Live
Hôtel des ventes du Château, 13, avenue de Saint-Cloud 78000 Versailles
Osenat
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