facebook
Gazette Drouot logo print

Moïse Kisling, Auguste Rodin et Georges Braque

Le 13 janvier 2022, par Anne Doridou-Heim

Moïse Kisling, Auguste Rodin et Georges Braque devenaient le trio de tête de la dernière vacation d’art moderne de l’année à Drouot.

Moïse Kisling, Auguste Rodin et Georges Braque
Moïse Kisling (1891-1953), Nu couché, 1917, huile sur toile, 46 61 cm.
Adjugé : 156 000 

On attendait notamment Berthe Morisot (1841-1895) avec un paysage peint à Cimiez en 1889 intitulé Les Aloès, une œuvre qui avait illuminé la couverture de la Gazette no 44 (voir l'article Les aloès en or de Berthe Morisot de l’ancienne collection Rouart). On pensait encore à Pablo Picasso (1881-1973) pour son Portrait de Manuel Pallarés avec une usine à l’arrière-plan, un fusain et peinture à l’essence produit à Barcelone entre décembre 1899 et janvier 1900 (voir page 45 de la même Gazette). Finalement, parmi les quinze peintures réunies par un collectionneur depuis vingt-cinq ans, les amateurs ont préféré porter leurs enchères sur ce Nu couché de Moïse Kisling. Le peintre de l’école de Paris n’a que 26 ans lorsqu’il l’exécute. Nous sommes alors en pleine Première Guerre Mondiale, mais au sein de son atelier du sud de la France, on en est très loin… Kisling livre une œuvre d’une grande sensualité avec ce corps à la pose provocante, exposé en pleine lumière sur des coussins verts et devant une table bleue. Est-ce sa femme Renée, tout juste épousée, qu’il représente ainsi ? Il fait montre aussi déjà des talents de coloriste qu’il développera par la suite. Toutes ces qualités valaient à la toile d’accrocher 156 000 €. Lors de cette vacation, il fallait compter également avec la sculpture et en premier lieu Auguste Rodin (1840-1917). Une fonte par Valsuani de L’Âge d’airain (h. 180 cm), réalisée en 2003 d’après son modèle créé en 1877, retenait 169 000 €. Georges Braque (1882-1963) n’était pas oublié lui non plus : plusieurs pièces de la collection d’Armand Israël y figuraient, menées ici par Délos, une œuvre monumentale (h. 210 cm, l. 170 cm) en filigrane de bronze gainé d’or. Cette fonte posthume de Landowski, numérotée 2/8, s’élançait aérienne à 149 500 €. Quant à la mosaïque polychrome Pélias et Nélée (120 160 cm), réalisée par Heidi Mélano (1929-2004) d’après sa gouache Les Oiseaux bleus, hommage à Picasso – l’un des trois exemplaires existants –, c’est à 46 800 € qu’elle était déposée. La mosaïste et son époux Lino Melano (né en 1924) sont parmi les plus célèbres du XXe siècle, s’étant employés à traduire dans leur technique les œuvres des plus grands, de Braque à Léger en passant par Chagall.

Tableaux modernes, sculptures, vins
mardi 21 décembre 2021 - 14:00 (CET) - Live
Kohn Marc-Arthur
Gazette Drouot
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne
Gazette Drouot