Des paysages modernes à la façon de Lhote et de Luce

Le 07 octobre 2021, par Philippe Dufour

Les deux peintres ont planté leur chevalet en Provence et en Bourgogne, pour une peinture sur le motif, qui contrastait ici avec de grandes natures mortes de l’ère baroque.

André Lhote (1885-1962), Paysage d’Avignon, huile sur papier marouflé sur toile, 67 138 cm.
Adjugé : 43 100 

L’opérateur mâconnais s’était déplacé aux Baux-de-Provence pour disperser les trésors du château Dalmeran. Parmi ceux-ci, le Paysage d’Avignon d’André Lhote, peint à l’huile sur papier marouflé sur toile (67 138 cm), rappelle son attachement à cette région, découverte dans sa jeunesse. Sur ce panorama aux couleurs chaudes (vu dans la Gazette n° 33, page 71, voir l'article André Lhote en Avignon, la cité des papes), il détaille à l’horizon le palais des Papes et la forteresse de Villeneuve-lès-Avignon, mais cela à sa manière, c’est-à-dire avec une grande simplification des formes. La construction rigoureuse, comme parcourue du souffle du mistral rendu par les nuages dans le bleu du ciel, n’a pas manqué de déclencher un score de 43 100 €. Si Maximilien Luce a également apprécié ce sud méditerranéen, et surtout le Var grâce à son ami Paul Signac, il préférait les paysages plus austères de la capitale ou du Nord, aux atmosphères brumeuses… Ainsi le néo-impressionniste traite ici d’un orage sur La Route d’Auxerre (25,5 34,5 cm) : pour ce panneau brossé vers 1903, un amateur a déboursé 7 900 €. C’est un lot spectaculaire qui illustrait ensuite la peinture ancienne, formé par une paire de natures mortes de la fin du XVIIe siècle, représentant des Cactus, figues de Barbarie et ananas et des Aloès et pièces d’orfèvrerie (172 116 cm chacune). Les deux compositions, qui ont été attribuées à Nicolas Van Houbraken, ont remporté 29 660 €.

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