Pile à l’heure : Breguet, Valadier, Suisse…

Le 21 novembre 2019, par Philippe Dufour

Le premier cadran qui donne l’heure de nuit, ou même aux non-voyants, est né en 1798 dans l’atelier d’Abraham Louis Breguet. Comment fonctionne-t-il ? Au toucher, comme son nom l’indique...

Abraham Louis Breguet (1747-1823), montre à tact en argent et or, avec cadran excentré, boîtier sur charnière, cuvette en métal doré signée «Breguet n° 605».
Adjugé : 33 480 

Le 17 septembre 1798, l’horloger parisien d’origine suisse présente son invention lors de l’Exposition industrielle française, à Paris. Ce sera un succès pour cette «montre à tact» (voir l'article Breguet, l’heure en toutes circonstances de la Gazette n° 39, page 140). Les commandes affluent, et notre exemplaire porte déjà le numéro 605, alors que, grâce aux registres de la société, on sait qu’il fut acheté par un certain M. Meiffren Laugier le 15 juillet 1800. D’un diamètre de 60 mm pour un poids brut de 152,9 g, la pièce est exécutée en argent et or, avec un cadran traditionnel, excentré au recto, pour une lecture classique. C’est au verso, guilloché, que l’on peut tester l’index points en relief et la minuterie en «chemin de fer», avec une seule aiguille flèche. Une rareté ingénieuse qui lui a valu d’être âprement bataillée jusqu’à 33 480 €. Autre belle surprise de cette vacation tourangelle, une paire de candélabres néoclassiques à trois bras de lumière, que l’on pouvait attribuer au délicat Luigi Valadier (h. 40,5 cm). Constitués d’albâtre et de bronze doré, ils se distinguaient par un élégant décor ciselé de bucranes et de guirlandes de fleurs ; aussi fusaient-ils à 24 552 €. Tout aussi raffiné, un panneau rectangulaire en laque polychrome signé vers 1925 par Gaston Suisse remportait 23 560 €, misés par un acheteur d’outre-Atlantique ; sur son fond à la feuille d’or patinée évoluaient des poissons noirs et rouges (52 120 cm), et il avait été dûment authentifié par Dominique Suisse. On restait au chapitre des arts décoratifs avec une somptueuse commode à façade en marqueterie florale de bois exotiques et ivoire, du tout début du XVIIIe siècle (86 131 65 cm) ; avec son plateau de marbre brèche, elle attirait 17 360 €. Issu d’un ensemble de jades anciens rassemblé par un ambassadeur chinois, une fibule (l. 11,5 cm) accrochait 5 704 €. Enfin, un solitaire en platine surmonté d’un diamant rond de taille ancienne d’environ 3,70 ct, couleur supposée JK et pureté P1 (poids brut 5,1 g) brillait pour 14 260 €.

samedi 16 novembre 2019 - 14:00 - Catalogue
246-248, rue Giraudeau 37000 Tours
Hôtel des ventes Giraudeau
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