Fouquet, les ailes de l’art nouveau

Le 03 juin 2021, par Anne Doridou-Heim

L’alliance de Georges Fouquet et d’Alfons Mucha donnait naissance à un bijou d’une grâce inouïe, dont l’envol attendu s’est réalisé. À côté, un coléoptère irisé s’avançait.

Georges Fouquet (1862-1957), pendentif Ailes en or, à décor d’ailes de papillon habillées d’une marqueterie d’opale et d’écaille blonde, au centre un motif rehaussé de roses diamantées, d’émeraudes et d’une aigue-marine, surmonté d’une couronne de perles fines et d’opales, l’ensemble retenant en pampille des lames articulées et diamantées et une perle fine baroque, 1902, 14 13 cm, poids 76,60 g.
Adjugé : 195 776 

Léger, diaphane et opalescent, ce pendentif Ailes en or, écaille, diamants, émeraudes, perles et pierres fines papillonnait en page 49 de la Gazette n° 20 du 21 mai (voir l'article Quand Fouquet et Mucha papillonnent…). L’article racontait l’histoire de la collaboration fructueuse du bijoutier Georges Fouquet (1862-1957) et de l’artiste touche-à-tout de talent Alfons Mucha (1860-1939), débutée lors de l’Exposition universelle de 1900. Lors de sa mise en vente, il n’a pas manqué de prendre son envol pour finalement se poser à 195 776 €. Cette création traduit par son dessin, son allure et le choix de matériaux qui ne sont pas simplement des pierres précieuses, jouant au contraire de l’association audacieuse de variétés ornementales, de matière organique et parfois d’émail, de toute l’inventivité du courant art nouveau. On comprend que celui-ci se soit répandu à travers l’Europe telle une traînée de pépites et que plus d’un siècle plus tard, il continue à fasciner. L’égyptomanie est un autre motif d’engouement de l’époque. Commencée avec les campagnes napoléoniennes, elle va traverser le XIXe siècle et trouver son apothéose après la fabuleuse découverte du tombeau de Toutankhamon, le 4 novembre 1922. La maison Auger, fondée par Alphonse (1837-1904), dirigée ensuite par ses fils Georges et Émile et qui sera de longues années le fournisseur attitré de Mellerio-Borgnis, donnait naissance à de magnifiques insectes, libellules, sauterelles, mais aussi à des coléoptères inspirés de l’Égypte antique. On retrouvait un spécimen de l’animal, aux élytres irisés et monté en pendentif, inséré entre deux motifs de cobra émaillé et des fleurs de lotus. Il était l’ornement principal d’un collier en or (l. 40 cm, poids 65 g) réalisé au temps de l’art nouveau et avançant de toutes ses pattes vers un résultat de 51 520 €.

mercredi 26 mai 2021 - 16:00 - Live
Paris Enchères - Collin du Bocage
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