Louis XIV en gloire

Le 23 juillet 2020, par Anne Doridou-Heim

Une médaille louisquatorzienne et un 4,5 solidi à l'effigie de de l’empereur Valens dominaient cette collection de numaismatique.
 

Louis XIV (1643-1715), 1643, médaille en or, 92,96 g, 50,9 mm, à l’avers «LVDOVICVS. XIIII.D.G.FR.ET.NAV.REX», buste drapé et cuirassé, tête nue du roi à droite, chevelure longue et bouclée avec la croix de l’ordre du Saint-Esprit ; au revers «ANNA.D.G.-FR.ET.NAV.REG.», buste voilé et drapé d’Anne d’Autriche à droite, les cheveux longs tombant sur le buste, graveur Jean Varin (non signée).
Adjugé : 204 160 

Tout était réuni pour que cet ensemble de numismatique de la plus insigne qualité frappe les esprits et ouvre les cordons des bourses des amateurs les plus exigeants (voir l'article Trésor numismatique d'une collection de la Gazette n° 26 du 3 juillet, page 52). Cela s’est vérifié haut la main et la vacation s’est terminée sur un produit total vendu de 1 850 063 €, voyant en particulier deux pièces tutoyer les sommets. Commençons par le médaillon de 4,5 solidi en or (reproduit page de droite), frappé à Trèves entre 376 et 378, dont le résultat de 201 540 € constitue selon l’expert, Thierry Parsy, un record mondial. Il s’agit du cinquième exemplaire connu de cette monnaie antique racontant un petit bout de la conquête romaine de l’Europe orientale. Cependant, il a cédé la première marche du podium à une autre rareté puisqu’il s’agit d’une médaille en or réalisée pour célébrer l’avènement de l’enfant roi Louis XIV. Nous sommes en 1643 et il n’a pas encore cinq ans lorsque son père, Louis XIII, décède à seulement 41ans le 14 mai. Débute alors le plus long règne de l’histoire de France, celui qui donnera au royaume une place prépondérante dans l’Europe militaire, artistique et économique du XVIIe siècle. Tout cela semble déjà inscrit dans le profil du jeune Bourbon, qui affiche une calme détermination. Montrant à l’avers la tête nue du souverain regardant vers la droite, avec sa chevelure longue et bouclée, et le buste de sa mère Anne d’Autriche voilée et drapée au revers, le modèle est connu mais surtout répertorié en argent (voir l'article Un enfant roi, Louis XIV, et un graveur virtuose, Jean Varin page 6 de la Gazette n° 26 du 3 juillet). Ce métal était celui des pièces offertes aux courtisans et autres ambassadeurs, l’or était quant à lui réservé à quelques privilégiés. Les exemplaires ayant en outre échappé aux fontes sont de la plus grande rareté. Les 204 160 € obtenus semblent ainsi moins surprenants, mais n’en demeurent pas moins étincelants. La journée voyait de nombreux autres beaux spécimens antiques et royaux, toujours en or, défiler sous le marteau : 28 072 € distinguaient un aureus lyonnais présentant la tête laurée de Tibère (14-37) et 14 674 € une médaille commémorant le débarquement de Louis XVIII à Calais en 1814, marquant le grand retour des Bourbons sur le sol de France. Du côté des cours étrangères, 40 832 € saluaient la médaille du mariage de Michel Korybut-Wisniowecki (1669-1673) et d’Éléonore d’Autriche, fille de l’empereur du Saint-Empire germanique Ferdinand II, et 96 338 € l’alliance très profitable entre le tsar Pierre III et le roi de Prusse Frédéric II. Il s’agissait là de louer la fin des hostilités entre les deux empires.

Trèves, 376-378, atelier Trobs. Médaillon de 4,5 solidi en or, poids 20 g, diam. 3,9 cm. Adjugé : 201 540 €
Trèves, 376-378, atelier Trobs. Médaillon de 4,5 solidi en or, poids 20 g, diam. 3,9 cm.
Adjugé : 201 540 
jeudi 09 juillet 2020 - 15:00 - Live
9, rue Drouot 75009 Paris
Christophe Joron Derem
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