Bataille autour d’un sabre ottoman

Le 10 juin 2021, par Philippe Dufour

Parmi le militaria proposé dans la ville rose, cette arme blanche orientale faisait sensation, tout comme une cassette contenant, sur un lit de velours vert, un revolver de 1858.

Kilij ottoman, fin du XVIIIe-début du XIXe siècle, argent fondu ciselé, lame courbe de 73 cm, étui en cuir noir.
Adjugé : 26 840 

Il a peut-être été le témoin des batailles du général Bonaparte au pied des pyramides… Ce sabre ottoman, ou « kilij », date de la fin du XVIIIe ou du tout début du XIXe siècle, et a équipé certains officiers du sultan de Constantinople, comme, sans aucun doute, ceux de la dynastie – vassale – des Mamelouks du Caire. Il arbore une croisière en argent fondu ciselé, une poignée en crosse avec fusée en corne claire, tandis qu’une frise, décorée au trait, court entre les deux plaquettes. Rangée dans un fourreau paré de cuir noir avec garniture en argent, sa forte lame courbe de 73 cm de long porte un cartouche en accolade de lettres d’or, reproduisant une citation tirée d’un hadith évoquant l’épée que le Prophète aurait donné à Ali (quatrième calife de l’Islam, vénéré par les chiites) ; ce texte dit : «Pas d’autre épée que celle d’Ali, que celle de Zulfaqar» (nom propre de l’épée dans les récits chiites). Ajoutons que les poinçons de l’argent portent le « tugrah » du sultan Mahmud II (1784-1839). Après une passe d’enchères aux téléphones et sur le live, notre kilij repartait vers de nouvelles aventures en échange de 26 840 €. À sa suite, s’entrouvrait une cassette en placage de palissandre contenant, monté à l’anglaise, un revolver calibre 12 mm, à broche Lefaucheux de type 1858. L’arme est gravée à l’acide de frises de feuillages et signée « E. Lefaucheux à Paris » sur le canon. Numérotée « 7901 », la pièce en très bel état a fait mouche à 5 124 €.

jeudi 03 juin 2021 - 14:30 - Live
Suduca Commissaire-Priseur
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