Droit canon

Le 14 novembre 2019, par Anne Doridou-Heim

Ce manuscrit du XIIIe siècle plonge dans les racines du droit canon catalan et du temps de l’Inquisition.

Raymond de Peñafort (vers 1175-1275), «Summa Raimondi», France[?], fin du XIIIe siècle, manuscrit in-8o, reliure en maroquin rouge du XVIIIe siècle.
Adjugé : 37 352 

Le programme était des plus sérieux, entre une édition originale de l’ouvrage fondateur du droit international public d’Hugo Grotius (1583-1645), le fameux De jure belli ac pacis libri tres (24 437 €), et une autre du premier livre d’astronomie imprimé en français en 1528, rédigé par Oronce Fine (1494-1555), mathématicien, astronome et fabricant d’instruments scientifiques (La Theorique des cielz, mouvemens, et termes practiques des sept planetes, 15 665 €). Au milieu se glissait ce manuscrit du XIIIe siècle couché sur vélin de la «Summa Raimondi», l’œuvre maîtresse de saint Raymond de Peñafort (vers 1175-1275). On doit à ce grand canoniste de l’ordre des Dominicains, confesseur de sa majesté Jacques Ier d’Aragon, d’avoir compilé à la demande du pape Grégoire IX les Decretales, le premier recueil officiel de droit ecclésiastique, mais aussi d’avoir rédigé un manuel à l’usage de l’Inquisition. Le texte, ici adjugé 37 352 €, écrit à Barcelone, au couvent de Sainte-Catherine entre 1224 et 1236, est un tableau des normes de droit canon concernant la vie sociale et religieuse. Un document essentiel donc pour les confesseurs, qui y trouvèrent des critères de jugement clairement énoncés pour les accompagner dans l’exercice de leur fonction. Ce traité fut copié pour être diffusé dans les différentes communautés dominicaines installées en Europe (notamment en France, comme peut-être ici), au XIIIe siècle, avant d’être imprimé pour la première fois en 1603 à Rome.

mercredi 06 novembre 2019 - 14:00 - Live
Binoche et Giquello
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