Retour aux musées pour le duc de Luynes

Le 24 septembre 2020, par Anne Doridou-Heim

Le duc de Luynes, ardent défenseur de l’archéologie et donateur aux musées français, voyait une partie de ses archives livrées aux enchères. Des documents essentiels qui n’ont pas laissé les institutions de marbre.

Dossier d’archives et de philologie relatif à la découverte et au don du sarcophage d’Eshmounazor II, roi de Sidon au Ve siècle av. J.-C., par le duc de Luynes.
Adjugé : 10 880 

Le sarcophage d’Eshmounazor II, roi de Sidon au Ve siècle av. J.-C., est l’un des joyaux de la collection d’antiquités orientales du musée du Louvre depuis sa donation par le duc de Luynes (1802-1867) en 1855. Sept ans plus tard, c’est au Cabinet des médailles de la Bibliothèque, alors impériale, que l’érudit mécène offrait son extraordinaire collection d’antiques (médailles, pierres gravées, bijoux, vases…) et pas moins de 6 925 monnaies, dont le fonds de pièces grecques considéré comme l’un des plus beaux au monde. Son nom demeure donc justement attaché à l’archéologie. Pour introduire la section qui lui était consacrée au fil de trente-cinq numéros, le catalogue parlait joliment de ses «papiers d’érudition». Les institutions sont intervenues à huit reprises à leur sujet par la voie de la préemption : cinq par la Bibliothèque nationale de France, une par l’Institut national d’histoire de l’art et deux par le Louvre. La BnF choisissait des notes de la main du duc et de ses secrétaires ayant trait à divers monuments archéologiques (3 968 €, 1 920 €), un manuscrit en italien, Storia dell’arte dell’antiche gemme incise (256 €), un ensemble de dossiers annotés traitant de numismatique (3 840 €) – lesquels viendront éclairer la donation de monnaies – et plusieurs autres s’intéressant au Cabinet des médailles, rédigés en 1850 par le duc (1 920 €). On comprend l’intérêt de ces acquisitions. Il en est de même pour l’INHA, qui emporte des notes sur la Sicile antique et un dessin des grottes de Pausilippe par Joseph Frédéric Debacq, architecte ayant longtemps collaboré avec l’archéologue (1 280 €). On en arrive aux deux achats du Louvre dont le premier, relatif à la découverte par l’agent consulaire Alphonse Durighello et le don du fameux sarcophage par Luynes. Si ce monument antique est si important, c’est parce que l’inscription phénicienne qu’il supporte – la plus longue jamais retrouvée – est la seule relatant des événements historiques sur le règne de son hôte. Le musée ne pouvait laisser échapper ces documents d’archives et de philologie supplémentaires, qui le rejoignent donc pour 10 880 €. Sa seconde préemption (11 520 €) concerne des dossiers d’épigraphie, essentiellement sur des inscriptions puniques et phéniciennes, et d’archéologie.

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