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Le hiératisme de Teotihuacán

Le 30 janvier 2020, par Anne Doridou-Heim

Plusieurs collections consacrées aux arts précolombiens prenaient place dans les vitrines, dominées par un masque en pierre dure.

Le hiératisme de Teotihuacán
Teotihuacán, Mexique, période classique (200-650). Masque cultuel présentant un visage hiératique en pierre dure verte, 16 17 cm.
Adjugé : 97 500 €

Monsieur M. avait constitué sa collection après avoir été fasciné par lescivilisations précolombiennes lors d’une exposition vue au musée Rath de Genève. Elle comprenait notamment des éléments de parures en or et des pierres sculptées, dont ce masque en pierre dure verte de Teotihuacán, datant de l’époque classique (200-650), porté à 97 500 €. De cette pièce, comme de toutes celles produites durant cette période, émane un hiératisme qui la rend immédiatement reconnaissable et désirable ! S’y trouvait également un objet plus étonnant : un mortier chamanique (16 29,5 cm), utilisé pour la préparation de potions aux effets hallucinogènes. Sculpté dans une pierre dure veinée et mouchetée, cet objet relevant de la culture équatorienne de transition Valdivia/Chorrera (1500-600 av. J.-C.), rappelant la forme d’un jaguar mais à la queue en spirale évoquant celle du singe, saisissait 24 700 €. En faisait encore partie un masque (15 19 cm) en or figurant le visage d’un chamane aux yeux amovibles, censés exprimer son don de clairvoyance, qui recueillait 40 300 €. L’objet été découvert sur le site de l’île de La Tolita (300 av. J.-C.-300), en Équateur, lieu de production de premier ordre de ce type d’œuvres d’une grande complexité technique, mêlant laminage, martelage, fonte à la cire perdue, amalgame, soudure et filigrane. Parmi la collection de Monsieur B., on retiendra les 14 950 € frappés successivement sur trois pièces différentes. Il s’agit pour la première d’une hacha cultuelle en pierre sculptée d’une tête humaine (19 17 cm) dans la région de Veracruz, à l’époque classique (200-900), ensuite d’un masque votif (43,7 19,5 2,5 cm) en pierre, de la culture de Valdivia mais cette fois-ci entre 2300 et 200 av. J.-C. Si lui aussi est sculpté d’un visage de chamane, l’aspect en est tout autre car on se trouve là face à un art de la stylisation. Le troisième et dernier coup résonnait sur une statue (h. 55 cm) en terre cuite avec engobe orangée, représentant une dignitaire assise ou une divinité liée à la nature : une œuvre d’un grand effet. Quant à la troisième collection, celle de Gérald Berjonneau, elle était saluée par le biais des 36 150 € d’un étonnant trône sculpté (reproduit page 60) et des 23 400 € d’une tête de seigneur casqué (h. 29 cm) en pierre granitique vert moucheté, sculptée au Pérou ou en Bolivie sous le règne des Incas (1450-1532).

Panorama (après-vente)

Assis en majesté

Le 30 janvier 2020, par Anne Doridou-Heim

Ce trône de la culture Nicoya du Costa Rica appartenait à la collection Gérald Berjonneau.

Assis en majesté

Le 20 septembre 2017 à Drouot, Millon avait dispersé avec succès la collection réunie sur près de soixante années par Gérald Berjonneau. Le 22 janvier dernier, toujours par la même maison (M. Reynes), il ne s’agissait que de quelques pièces et notamment de ce trône (39 45 30 cm) provenant de la culture Nicoya (période VI) du Costa Rica. Sculpté dans la pierre volcanique, entre 1 000 et 1 550  apr. J.-C., de la tête du dieu Crocodile, la gueule et le museau en projection pour plus d’effet encore, cet objet devait appartenir à un dignitaire de la plus haute importance. Il était honoré ici de 36 150 €.

mercredi 22 janvier 2020 - 15:00 - Live
Millon
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