Raffaëlli et les visages du XIXe siècle

Le 21 mars 2019, par Sophie Reyssat
Jean-François Raffaëlli (1850-1924), Boulevard des Italiens, vers 1900, huile sur panneau signée «J. F. Raffaëlli», 28,5 49 cm.
Adjugé : 71 250 

Les amateurs faisaient le déplacement pour la peinture du XIXe siècle, Français en tête, suivis de près par des Américains toujours très actifs. Les Chinois renforçaient leur présence, avec une prédilection pour les sujets pittoresques plutôt que les paysages. Nombre de petits maîtres étaient salués au double ou au triple de leur estimation. Proposés autour de 1 000 €, Les Pêcheurs signés Henriette Gudin, peints après 1863, étaient ainsi bataillés jusqu’à 7 250 €. Jean-François Raffaëlli remportait cependant la mise avec un montant dix fois supérieur pour ce tableau, véritable condensé des scènes de vie chères à l’artiste. Pour ne pas en manquer une seule, celui-ci quittait le calme de son atelier d’Asnières dans un fiacre, où il avait installé tout son attirail de peintre, afin de travailler sur le vif. Sous son pinceau, le Paris de la Belle Époque se révèle aussi trépidant qu’aujourd’hui, et l’on se plaît à découvrir une voiture attelée dépasser un cycliste, pendant que de l’autre côté du boulevard, une vendeuse de violettes tente d’attirer l’attention de passants pressés. Un autre pittoresque s’affichait avec le Personnage en costume de Palikare peint par Eugène Delacroix, vers 1822, lui aussi emporté au-dessus des prévisions, soit à 52 500 € (voir Gazette n° 10, page 130). Auguste Renoir était également au rendez-vous avec une Étude de femme de trois quarts, réalisée au fusain sur calque contrecollé, emportée pour 37 500 €.

dimanche 17 mars 2019 - 14:00 - Live
Osenat
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