Une mante de Gallé sous les soleils de Vautrin

Le 03 juin 2021, par Philippe Dufour

Lors de la dispersion de l’entier contenu de cette demeure bretonne, les arts décoratifs du XXe siècle se trouvaient concurrencés par des cavaliers orientalistes d’Henri Émilien Rousseau.

Émile Gallé (1846-1904), paire de vases Mantis religiosa, vers 1878, épreuves en verre dit « clair de lune » soufflé, à décor tournant en émaux polychromes au naturel rehaussé de dorure, signature sur chaque pièce, h. 24 cm.
Adjugé : 50 840 

Le château de Kerivoal, propriété de Josig Henriot, fils du dernier propriétaire de la Manufacture de faïence éponyme, a connu une effervescence rare : plus de deux mille visiteurs sur place pendant les trois jours d’exposition, alors que trois mille personnes suivaient les ventes sur le Net. Résultat : plus d’un million d’euros d’enchères… En tête du palmarès, la paire de vases Mantis religiosa d’Émile Gallé. Ces épreuves en verre dit « clair de lune » soufflé, à décor tournant d’une mante religieuse sur fond de dahlias et fougères en émaux, présentent un corps entièrement torsadé, avec panse sphérique et col tubulaire (h. 24 cm). Des alentours de 1878, elles recueillaient 50 840 €. À leur suite, un miroir sorcière de Line Vautrin, du modèle « Romain » (diam. 19,6 cm) en talosel ivoire incrusté de miroirs bleu saphir, signé vers 1960, reflétait 40 920 €. Tandis que de la même créatrice, les pièces aux reflets argentés des environs de 1957, Reine et Gerbera, emportaient respectivement 32 240 € et 16 860 € (voir l'article Les fantaisies de Line Vautrin au château de la Gazette n° 19, page 104). Du côté de l’argenterie ancienne, se détachait avec 10 540 € une somptueuse soupière couverte en argent, de Maubeuge (1714-1736) et par Jean-Baptiste Lalisse, orfèvre reçu en 1703. De forme circulaire, le corps possédant deux anses, elle arbore les armes d’alliances des familles Brigode de Kemlandt et Recq (1 670 g, h. 20 cm, diam. 21,5 cm). Pour autant, la peinture n’était pas en reste, représentée par une toile (50 65 cm) signée Henri Émilien Rousseau (1875-1933) et relatant La Chasse aux faucons de cavaliers mauresques, qui séduisait à hauteur de 33 480 €. Enfin, une Prédication de saint Jean-Baptiste peinte sur panneau de chêne par David Vinckboons, signée et datée « Dvinck Boons / 1629» (36 55 cm), requérait 14 880 €.

Line Vautrin (1913-1997), miroir sorcière Romain, vers 1960, en talosel ivoire incrusté de miroirs bleu saphir, signé, diam. 19,6 cm. Esti
Line Vautrin (1913-1997), miroir sorcière Romain, vers 1960, en talosel ivoire incrusté de miroirs bleu saphir, signé, diam. 19,6 cm.
Estimation : 40 920 
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