De la musique de chambre à l’époque romantique

Le 15 avril 2021, par Philippe Dufour

Une vacation lyonnaise a fait la part belle aux instruments anciens du début du XIXe siècle, époque reine pour les petites formations de cordes.

Violoncelle fait par Pierre Silvestre (1801-1859) à Lyon en 1835, dont il porte l’étiquette, l. 103,6 cm. 
Adjugé : 117 500 

Parmi ce florilège de belles pièces, s’est détaché le violoncelle réalisé par Pierre Silvestre à Lyon en 1835, joué pour 117 500 € (voir l'article Au firmament de la lutherie lyonnaise de la Gazette n° 12, page 113). Présentant un fond à deux pièces en érable, aux ondes régulières et obliques, à vernis rouge foncé patiné légèrement craquelé, et des chevilles de palissandre, lové dans son étui d’époque en bois noirci, l’instrument (l. 103,6 cm) porte l’étiquette de ce maître, très recherché pour ses réalisations d’excellente facture. Son atelier, ouvert en 1829 dans la capitale des Gaules, rappelle que Lyon était au XIXsiècle l’une des capitales de la lutherie en France, avec Paris et Mirecourt. Justement issu de cette dernière ville lorraine – célèbre dans le monde entier pour être entièrement dévolue aux instruments à cordes –, un autre violoncelle s’est aussi fait entendre. Ce dernier est dû à Didier Nicolas Ainé, appelé aussi Nicolas Didier, maître qui travailla jusqu’à sa mort en 1833 à Mirecourt. Il avait choisi pour enseigne « À la ville de Crémone », en hommage aux génies italiens de la profession, une indication qui figure marquée au fer rouge à l’intérieur de ses pièces. On pouvait donc s’en saisir, à condition d’en offrir 9 500 €. Enfin, un quinton ancien (instrument de la famille des violes) portant une étiquette apocryphe d’«Aldric à Paris» clôturait le concert avec 4 375 €.

jeudi 01 avril 2021 - 14:30 - Live
De Baecque et Associés
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne