Do Dinh Diep,lLe long du fleuve Rouge

Le 24 octobre 2019, par Anne Doridou-Heim

Très précisément 972 800 € par ce nouvel opus consacré à l'art indochinois.

Do Dinh Hiep (1914-1972), Le Fleuve Rouge, paysage du Tonkin, 1951, ensemble de quatre panneaux polychromes et or sur fond rouge, 101 50 cm chacun.
Adjugé : 128 000 

Un joli score était à nouveau porté par les maîtres ayant, alors jeunes recrues, usé de leurs pinceaux devant les chevalets de l’École des beaux-arts d’Hanoi, peintres et laqueurs réunis. Honneur à Victor Tardieu (1870-1937), celui sans lequel cette histoire n’aurait pas commencé. On se souvient que, c’est grâce à son acharnement et à celui de Nguyen Nam Son (1890-1973) que l’école voit le jour, du fait de son enseignement précieux et attentif que les premiers élèves rejoignent les bancs de l’institution et apprennent à allier techniques occidentales et thèmes traditionnels. Un Portrait de femme à l’éventail (65 48,5 cm), dessiné à Saigon en 1922, résumait son affection pour ses modèles, son talent de portraitiste et son sens des attitudes, reconnus à 82 500 €. Quant à La Jeune Fille de Hué, se protégeant du soleil, croquée à la mine de plomb et aux pastels par Mai-Thu (1908-1980), son charme faisait mouche à 43 520 €  (voir l'article Le monde de Mai-Thu, page 68 de la Gazette no 34 du 11 octobre). Mais c’est un laque qui, cette fois, obtenait le plus haut résultat. Quatre panneaux déroulant un paysage caractéristique du Tonkin, les bords du fleuve Rouge, réunis en un quadriptyque, obtenaient 128 000 €. Première apparition de l’artiste sur le marché (source : Artnet) et essai transformé ! De fait, à chacune des dispersions consacrées au Vietnam, un nouveau nom de laqueur apparaît. Il s’agit ici de Do Dinh Diep (1914-1972), issu de la huitième promotion de l’École, celle de 1937, en même temps qu’un autre artiste bien plus connu, le peintre Luong Xuan Nhi (1913-2006). Cette même année, il se rend en France pour peindre la tour Eiffel et y remporte une médaille d’or à l’Exposition internationale des arts et techniques dans la vie moderne. À l’inverse de certains de ses condisciples, il ne demeurera pas dans la métropole : il retournera à Hanoi pour se consacrer à l’art méticuleux et ancestral de la laque jusqu’au milieu des années 1950, avant de partir pour Saigon et d’occuper, jusqu’à sa mort, le poste de directeur des beaux-arts de Gia Dinh. Une nouvelle signature à suivre…

vendredi 18 octobre 2019 - 11:00, 14:00 - Live
9, rue Drouot 75009 Paris
Lynda Trouvé
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