Préemption d’un Christ du XIIe siècle

Le 09 janvier 2020, par Sophie Reyssat

Probablement façonnée dans l’ouest de la France, l’œuvre rejoint le musée Dobrée de Nantes.

Ouest de la France, première moitié du XIIe siècle. Christ et plaque centrale de croix en bronze et cuivre ciselé, gravé et doré, plaque : 28,8 24 cm, Christ : 16,3 16,8 cm, fixés sur un crucifix en bois noirci du XVIIe-XVIIIe siècle.
Adjugé : 132 600 

Cette dispersion sur le thème de la Haute Époque était marquée par une préemption du musée Dobrée de Nantes, qui enrichit sa collection grâce à ce Christ du XIIe siècle, conservé depuis le XIXe au sein d’une famille nantaise et emporté pour 132 600 €. Le Sauveur de bronze est à rapprocher d’un modèle qui pourrait provenir de l’ancienne abbaye Notre-Dame de Pontron, près du village de Belligné, en Loire-Atlantique. Une œuvre répertoriée par un spécialiste des crucifix, le docteur Paul Thoby, ancien conservateur honoraire du musée départemental Thomas-Dobrée de Nantes. Ces rares effigies, probablement réalisées dans l’ouest de la France, se caractérisent par la finesse d’exécution de leurs détails raffinés, comme les mèches de cheveux reposant sur les épaules ou les plis du périzonium noué sur la hanche. Certains critères anatomiques du buste, à l’image des nombreuses côtes, témoignent encore de l’influence byzantine. Fait remarquable, le Christ n’a pas quitté sa plaque d’origine, un support très rarement conservé. Y figurent plusieurs inscriptions, en particulier l’alpha, l’oméga et le monogramme «INRI», placés dans le nimbe crucifère situé à l’intersection des branches de la croix. Autre trésor d’orfèvrerie, un coffret (27,3 33,7 24,5 cm) était disputé à 104 000 € en raison de sa rareté : anciennement conservé dans une collection royale européenne, façonné vers 1630-1640 en Espagne ou dans l’une de ses colonies comme le Pérou, il a été entièrement recouvert de feuilles d’argent ornées d’un décor mythologique au repoussé (voir Gazette n° 43, page 38). Réalisé en Italie du Nord dans la seconde moitié du XIVe siècle, un autre modèle recouvert de plaques d’os sculptées de scènes bachiques, alternant avec des visages lunaires, obtenait quant à lui 58 500 €. Succès également pour une tête de sainte femme (h. 16,5 cm) sculptée dans l’albâtre à la fin du XVe siècle, peut-être dans les Pays-Bas septentrionaux (voir l'article Chef-d’œuvre bourguignon de la Gazette n° 43, page 44), dont le doux visage coiffé d’un turban séduisait à 46 800 €.

Panorama (après-vente)

Un Jésus pour Cluny

Cet Enfant Jésus bénissant, en noyer polychromé et doré (h. 36,2 cm), était préempté à hauteur de 14 950 € par le musée de Cluny, chez Pierre Bergé & Associés (Mme Fligny), le mercredi 18 décembre. Sauveur du monde portant l’orbe, il est emblématique des œuvres créées à Malines, vers 1500, comme supports de méditation et de prière. Le Christ porte d’ailleurs les trois pals des armes de la ville sous un pied. Utilisées par les laïcs aussi bien que dans les couvents, ces sculptures étaient présentées sur un socle et revêtues de riches parures confectionnées par les religieuses. Seule une douzaine de modèles de ce type sont référencés. On peut donc se réjouir que celui-ci vienne enrichir une collection représentative des différentes œuvres de dévotion privée produites à Malines à la fin du Moyen Âge.
 

 
 
mercredi 18 décembre 2019 - 16:00 - Live
9, rue Drouot 75009 Paris
Pierre Bergé & Associés
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