Carolingien ou byzantin entre le IXe et le XIe siècle

Le 04 février 2021, par Anne Doridou-Heim

La vente se déroulait sous la protection d’un Christ bénissant gravé sur une rare plaque en cuivre et voyait le musée de Cluny préempter à deux reprises.

Art carolingien ou plus probablement Empire byzantin, IXe-XIe siècle. Plaque de forme cintrée en bronze ciselé, gravé et doré, présentant dans sa partie basse la Nativité et au registre supérieur le Christ assis, h. 18,3 cm, l. 12,2 cm.
Adjugé : 123 500 €

Dès les premiers numéros, une belle enchère de 123 500 € venait saluer une plaque cintrée en bronze ciselé et doré, gravée de scènes de la vie de Jésus se déroulant sur plusieurs registres. La Nativité occupait la partie basse, sous des architectures symbolisant la ville de Jérusalem, alors qu’au tympan trône le Christ bénissant assis au milieu d’un troupeau de brebis. D’une extrême rareté, cette production relève soit de l’art carolingien, soit plus probablement de l’Empire byzantin entre le IXe et le XIe siècle, ses traits stylistiques semblant emprunter aux deux civilisations. Son usage n’est pas plus clairement affirmé : l’attache au dos pourrait faire penser à un baiser de paix, mais ces objets de dévotion n’apparaissent qu’au XIIIe siècle. Nimbée d’autant d’interrogations que de qualités, la plaque, peut-être un unicum, relève en tout état de cause de cette Europe lettrée du Moyen Âge qui a produit bien des chefs-d’œuvre. Le musée de Cluny agissait ensuite par la voie de la préemption pour emporter deux pièces Haute Époque dont, à 57 200 €, un cheval de bataille venu de la perfide Albion (voir Gazette n° 3, page 42). Cet ornement, exécuté dans une plaque en cuivre champlevé, gravé et émaillé, était cousu sur le harnachement des chevaux et arborait les armes de son propriétaire, ici celles des barons de la Zouche, l’une des plus anciennes pairies d’Angleterre. L’institution parisienne disposera de tout le temps nécessaire pour confirmer s’il s’agit bien d’Alan la Zouche (1267-1314), dont les dates et le chemin de vie correspondent le mieux. Le même musée achetait ensuite un pendentif reliquaire (h. 8,8 cm) en forme de lanterne abritant une scène montrant le Christ au-dessus de trois chevaliers aux armes pointées sur lui. Le bijou religieux, monté en argent ciselé en Allemagne du Sud, peut-être à Nuremberg, date des années 1500, et était accroché pour 8 060 €. Suite à la réception d’un courrier du ministère de la Culture, deux vitraux provenant de l’abbatiale de Saint-Denis – deux pièces fort rares, inédites et remontant au milieu du XIIe siècle – étaient retirés de la vente, qui reprenait sa course normale.

mercredi 27 janvier 2021 - 04:30 - Live
Pierre Bergé & Associés
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