Vents d’est sur la Riviera

Le 15 décembre 2017, par Philippe Dufour

Indispensable accessoire de tout lettré de la Chine impériale, le pot à pinceaux, intitulé bitong, s’est décliné dans toutes les matières : porcelaine, ivoire, bambou ou bois précieux.

Chine, dynastie Ming, XVIIe siècle. Pot à pinceaux, bitong, tripode circulaire en bois de santal sculpté, incrustations de nacre, h. : 18,5 cm, diam. : 14,5 cm.
Adjugé : 205 680 €

C’est dans cette dernière catégorie que se range celui vendu à Nice ce jeudi 7 décembre. Datant de la dynastie Ming, et plus précisément du XVIIe siècle, ce pot tripode circulaire a été sculpté dans le bois de santal ; son décor se compose de motifs de dragon et phœnix affrontés, le reste du corps entièrement ciselé de qilong, ou dragons stylisés, naviguant parmi un fond nuageux. On relève aussi des incrustations de nacre et de stéatite au col, et des incrustations au fil d’argent entre chaque pied. Mais la profondeur et la qualité de sculpture laissent deviner une production impériale. Un pot à pinceaux similaire, mais plus petit, était passé chez Guardian Auction, à Hong Kong, le 12 mai 2012. La qualité d’exécution de sculpture semblable et l’attribution de cet objet au sculpteur Shou Shi laissent à penser que le nôtre a pu sortir des mains de ce maître. Par ailleurs, on peut aussi le rapprocher de pots à pinceaux de la collection impériale (Qing Court Collection du palais impérial de Pékin). Tant d’indices de choix ne pouvaient que nourrir les enchères : après une bataille, ce bitong changeait de mains pour 205 680 €. Un collectionneur se saisissait ensuite d’un vase en porcelaine de la dynastie Qing, d’époque XIXe siècle, avec une marque sigillaire Daoguang à six caractères sous la base. Sa forme archaïsante, dite Fang Hu, arborait une belle glaçure flambée. Bien qu’anciennement monté en lampe et donc percé, l’artefact s’échangeait contre 21 000 €. Léger réseau de craquelures sur les arêtes présentant de légers manques et sautes de glaçure. Pour accompagner le bitong décrit plus haut, vous aviez aussi, pour 15 456 €, un pinceau en laque sculptée à motif de phénix et fleurs de pivoines, de la dynastie Ming et du XVIe siècle. Quant à la vente de l’après-midi dédiée à la peinture moderne d’Asie, elle donnait lieu à l’enchère notable de 54 096 €, remportée par L’Attente, une toile de l’Indien Sakti Burman, né en 1935. En revanche, l’opérateur n’a pas souhaité communiquer sur les eaux- fortes présentées dans la Gazette n° 42, page 216.

jeudi 07 décembre 2017 - 13:00 - Live
2, rue du Congrès 06000 Nice
Millon , Asium
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