Un balcon sur la Méditerranée

Le 13 juin 2019, par Anne Doridou-Heim

Ce paysage exprime le Sud tant aimé de Théo Van Rysselberghe, ruisselant de soleil.

Théo Van Rysselberghe (1862-1926), Champ d’anthémis, Saint-Clair (Var), 1913, huile sur toile, 72 91 cm.
Adjugé : 176 088 

À voir ce tableau, intitulé Champ d’anthémis, Saint-Clair (Var), on comprend pourquoi Théo Van Rysselberghe (1862-1926) se sentait si bien dans ce quartier du Lavandou. L’artiste belge y avait construit une maison-atelier d’où il surplombait la mer et apercevait au loin, selon la lumière changeante du jour, les îles d’Or. Nous sommes en 1913, et cela fait maintenant quatre ans que le peintre s’y est installé. Autour de lui, des pins, des oliviers et des champs de fleurs, comme ces anthémis odorants, appelés aussi «camomilles romaines», cultivés pour la pharmacopée. Un festival de couleurs traduit ici en peinture et qui, plus de cent ans plus tard, respire toujours la même fraîcheur… ce qui explique certainement le joli résultat de 176 088 € décroché par cette œuvre. En 2007, la municipalité a eu l’opportunité de racheter la villa Théo ; cela a permis de la restaurer afin d’en conserver l’âme et de la rendre accessible au public dix ans plus tard : une étape sur le chemin des Peintres, emprunté par les promeneurs et qui offre, lui aussi, un balcon sur la Méditerranée. Sur les cimaises encore, un panneau de Moïse Kisling (1891-1953) brossé quelques encablures plus à l’est et quelques années plus tard, en août 1918 exactement. Le Port de Marseille, puisque c’est de lui qu’il s’agit, se reconnaissait à 38 280 €. Tout cela sous le regard bienveillant du pape Paul III, une version du fameux portrait de Titien peinte par une école vénitienne vers 1570, tout de même honorée de 68 904 €.

Panorama (après-vente)

Paul Follot et les arts déco

L’ensemble de mobilier de Paul Follot (1877-1941) provenant de l’ancien appartement parisien de l’industriel Pierre Foullon (1883-1969) était dispersé en seize lots, mercredi juin chez Ferri (Mme Marcilhac), pour un produit total de 46 127 €. La vedette, avec 22 330 €, en était ce mobilier de salle à manger, composé d’une table et de dix fauteuils en poirier noirci et réalisé par l’atelier d’art du Bon Marché, Pomone, dont le décorateur assura la direction dès 1923. Follot y a travaillé dans un esprit favorable à l’art total  concevant tout, du papier peint aux poignées de porte et cache-radiateurs, en passant par les luminaires et les meubles facilement reproductibles, et utilisant des matériaux aux coûts raisonnables.

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