Simon Vouet et Pierre Paul Rubens gagnants

Le 01 avril 2021, par Anne Doridou-Heim

Deux noms du triomphant XVIIe siècle, Simon Vouet et Pierre Paul Rubens, livraient leur style sur papier. Du grand art récompensé et complété par des objets de belle facture.

Simon Vouet (1590-1649), Le Christ à la colonne, pierre noire et craie blanche sur papier beige, 29 20,7 cm (détail).
Adjugé : 340 200 

Il n’y avait pas de doute sur le succès de ces deux belles feuilles provenant de la fabuleuse collection du marquis de Lagoy (1764-1829), la seule inconnue étant leur résultat final. D’un côté, nous avions le baroque et la fougue flamande de Pierre Paul Rubens, de l’autre, le grand classicisme français de Simon Vouet… Avec son Christ à la colonne, le premier l’emportait d’une courte tête à 340 200 €, contre 302 400 € obtenus par le second. Il faut dire, ainsi que l’expliquait l’Avant-Première de notre numéro du 12 mars (voir l'article Un Christ de Simon Vouet au trait caravagesque de la Gazette no 10, page 13), que cette pierre noire montre un Vouet complexe, marqué encore par ses années romaines et le caravagisme et doté d’un trait de crayon d’une grande force expressive. À ses côtés, le projet de vignette pour l’Opticorum libri sex (9,5 14,3 cm) de François d’Aguilon, ornant la couverture de la Gazette n° 11 – voir également page 6 du même numéro pour en connaître l’histoire (voir l'article Rubens, illustrateur scientifique) –, portait dans ses quelques centimètres carrés toute la virtuosité du Flamand. Le troisième dessin de même provenance, donné à l’atelier d’Eustache Le Sueur (1616-1655) et représentant La Flagellation de saint Gervais et la décollation de saint Protais (62 86 cm), réalisé à la plume et à l’encre noire associées à un lavis gris et bistre, retenait 18 900 €. La vacation se poursuivait avec des objets d’art de belle facture, et 97 020 € sonnaient pour la pendule en bronze ciselé et doré «au mat» d’époque Louis XVI (voir page 63 de la Gazette susmentionnée)… le fait que l’amour la surmontant soit rapporté ne lui a manifestement pas nui. Sous la conduite assurée du Comte de Tourville, debout, tenant une épée et une carte (h. 49 cm), un biscuit de Sèvres d’après Jean-Antoine Houdon mené à 51 030 €, une paire de statuettes en onyx blanc figurant Osiris-Antinoüs (h. hors socle 31 cm) apportaient 60 480 € sur leur plateau. Ces sculptures rappellent le goût pour la culture égyptienne après la campagne de Bonaparte. Ces œuvres ont fait partie du décor du château de la Malmaison et auraient été offertes par l’impératrice Joséphine à M. Hecquart. Cette année, Napoléon ne sera jamais bien loin…
 

Pierre Paul Rubens (1577-1640), projet de vignette pour l’Opticorum libri sex de Franciscus Aguilon, vers 1613, plume et encre brune, lavi
Pierre Paul Rubens (1577-1640), projet de vignette pour l’Opticorum libri sex de Franciscus Aguilon, vers 1613, plume et encre brune, lavis d’encre brune et rehauts de gouache blanche, passé au stylet, 9,5 14,3 cm.
Adjugé : 302 400 
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne