À la bonne heure !

Le 28 mars 2019, par Sophie Reyssat
Époque Napoléon III. Montre de poche et sa chaîne giletière en or jaune, jaspe sanguin, lapis-lazuli et diamants, aux armes de la famille du duc de Massa, pair de France, signée Louis Raby, horloger de l’Empereur, et Morel fils, incrustations et armoiries, remontoir au pendant, échappement à ancre, diam. 4,5 cm, l. giletière 32 cm, poids brut 136,3 g.
Adjugé : 75 000 

La surprise de cette vente de bijoux venait de cette montre, emportée pour vingt-quatre fois son estimation. Un travail d’orfèvre : son cadran est minutieusement marqueté de pierres dures cernées d’or. Le lapis-lazuli a été choisi pour le chemin de fer des minutes, tandis que le jade a probablement été employé pour les pastilles accueillant les chiffres romains, celles-ci se détachant sur un fond de jaspe sanguin. Ce même matériau orne l’autre face, centrée des armes de la famille du duc de Massa émaillées sur or. Une prouesse de Jean Valentin Morel, l’un des orfèvres-joailliers les plus réputés de son époque. Fils de lapidaire, entré adolescent chez Adrien Vachette  un spécialiste des tabatières ayant conservé les savoir-faire du temps de Louis XVI , il a été à bonne école. Il se fait d’ailleurs remarquer en participant à la réalisation de l’épée offerte au comte de Paris par la Ville, en 1838. Récompensé par une médaille d’or à l’Exposition de 1844 pour ses objets d’exception, puis par celle d’honneur onze ans plus tard pour son vase de jaspe, d’or et d’émaux  qualifié de chef-d’œuvre , il reçoit le soutien de Napoléon III. De qualité et en bel état, les bijoux anciens de l’écrin de Nancy Macdonald séduisaient également les amateurs. Du XIXe siècle, une parure feuillagée anonyme sertie de diamants, composée d’un diadème, d’une broche et de deux clips de revers, connaissait elle aussi le succès : attendue au plus haut à 6 000 €, elle changeait de main moyennant 62 500 € (voir Gazette n° 11, page 151).

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