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La collection Thomas Vroom mise en perspective

Le 21 novembre 2019, par Anne Doridou-Heim

Cet ensemble, qui relatait rien de moins que la naissance de l’architecture moderne, a été reçu avec les honneurs sous la coupole de Drouot.

La collection Thomas Vroom mise en perspective
Leon Battista Alberti (1404-1472), De re ædificatoria, Florence, Nicolaus Laurentius Alamanus, 1485, in-folio.
Adjugé : 226 367 

La dispersion de cette bibliothèque remarquable, titrée «Une histoire de la perspective», totalisait 2 386 455 € grâce à de nombreux résultats positifs et malgré la non-vente d’un exemplaire du premier traité sur la question imprimé en Europe, rédigé par Jean Pèlerin (voir Gazette no 38 du 8 novembre, page 56). Thème sérieux ayant donné matière à des ouvrages réunis passionnément par Thomas Vroom, il voyait une édition princeps de 1485 du De re ædificatoria d’Alberti, dédiée à Laurent de Médicis, être disputée jusqu’à 226 367 €. Il s’agit tout simplement du premier traité d’architecture de la Renaissance, également premier livre d’architecture imprimé daté, qui valut à son auteur d’être considéré à l’égal de Vitruve, d’Euclide ou d’Archimède. S’y trouvaient aussi l’ouvrage sur l’optique d’un précurseur de la méthode scientifique expérimentale, Ibn al-Haytham Alhazen (50 550 €), un magnifique manuscrit illustré de 105 dessins au lavis reprenant la troisième partie d’un texte resté probablement inédit, rédigé par un ébéniste de Gand, Franciscus Bernadus Coppens (42 900 € - Reproduit page 146),
et une édition originale de l’un des plus spectaculaires livres illustrés de la Renaissance allemande,
Perspectiva corporum regularium de Wenzel Jamnitzer (1508-1585). Regardé à juste titre comme l’un des orfèvres les plus doués de son temps, l’homme s’intéressait aussi à l’art de la perspective, et ce traité est célèbre notamment pour ses illustrations de polyèdre (82 144 €). Résultat légèrement inférieur, mais sujet tout aussi important : les 73 898 € allant à une édition originale de l’Harmonices mundi libri V de Johannes Kepler (1571-1630). C’est avec cette somme publiée en 1619, ainsi qu’avec l’Astronomia nova de 1609, que le célèbre astronome du XVIIe siècle établit les trois lois décrivant les propriétés principales des mouvements des planètes, à l’origine de la théorie de la gravitation de Newton. Une véritable promenade dans l’érudition des siècles passés qui se concluait avec les 170 606 € de la première édition de la traduction latine, par Abelard de Bath, des Éléments d’Euclide (vers 300 av. J.-C.), plus ancien exemple connu d’un traitement axiomatique et systématique de la géométrie.

 

 
 

livres anciens, modernes et illustrés
jeudi 14 novembre 2019 - 17:00 (CET) - Live
Pierre Bergé & Associés
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