Maurice Prost : puissance et élégance

Le 25 mars 2021, par Anne Doridou-Heim

Les signatures de la première moitié du XXe siècle emportaient les plus hauts suffrages de cette vente d’art animalier.

Maurice Prost (1894-1967), Panthère se léchant la patte, bronze à patine brun nuancé, fonte Susse, 31,5 60 16,5 cm.
Adjugé : 32 500 

Elle se léchait la patte, indifférente au tumulte du monde extérieur et aux envies qu’elle suscitait. En raflant 32 500 € et un record du monde au passage (source : Artnet), l’altière panthère se révélait la reine de la jungle orchestrée par Millon. Il s’agit d’un fauve en bronze de Maurice Prost, dont le modèle est connu et référencé. Le sculpteur a produit la majeure partie de son œuvre entre 1919 — pratiquant la taille directe alors même que la Grande Guerre lui a volé un bras — et 1945. Ami de nombreux animaliers, il figurera avec eux dans les salons des années 1930 et y recevra de nombreuses décorations et commandes. Lors de l’Exposition coloniale de Vincennes de 1931, il présente une Panthère noire grandeur nature en bronze qui frappe les esprits. Il est de la même génération que Roger Godchaux (1878-1958). Lui aussi avait une tendresse particulière pour les fauves et, qu’il s’agisse de lionnes ou de panthères, savait retranscrire leur vivacité. Tous deux attachaient une grande importance à la qualité de leurs patines, un détail de poids pour les fontes. Une épreuve de ses Lionnes (21 18 12 cm chacune) en bronze, faisant fonction de serre-livres, retenait 19 500 €.

La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne