Un vase Yongzheng au sommet

Le 20 juin 2019, par Anne Doridou-Heim

Gloire du matin pour un vase en porcelaine bleu et blanc à décor de délicates fleurs de volubilis.

Chine, période Yongzheng (1723-1735). Vase en porcelaine de forme balustre à décor en bleu sous couverte, au revers la marque Yongzheng à six caractères, dans un double cercle en bleu sous couverte, h. 17,5 cm.
Adjugé : 791 120 

En vedette dans l’«Événement» consacré dans nos pages à la Semaine asiatique de Drouot (voir l'article Une Asie aux multiples visages Gazette no 21 du 31 mai, page 17), ce vase en porcelaine à décor en bleu sous couverte, attesté de l’époque Yongzheng (1723-1735), s’envolait littéralement à 791 120 €. Il devient ainsi la céramique la plus chère vendue au cours de ce printemps riche en ventes et en surprises. Son décor ? Des fleurs de volubilis, appelées en anglais morning glories, ce qui ne saurait être mieux adapté ! Autre atout et non des moindres, sa période de production, à savoir celle de Yongzheng, un empereur au règne long de treize ans seulement et compris entre les périodes fastueuses de Kangxi et de Qianlong, mais qui a su en quelques années porter l’art de la céramique au firmament. On parle d’ailleurs de période de transition pour les œuvres produites dans ce court laps de temps. En témoignent les bleu et blanc, porcelaines impériales par excellence. Leur dessin est d’une grande précision et leur forme évoluée, à l’image de celle-ci, inspirée de pièces métalliques importées d’Iran ou de l’Empire ottoman. D’autres artefacts venaient renforcer ce premier succès. À commencer par l’armure de parade de général faite en Chine, reproduite page 75 de la Gazette du 7 juin (n° 22). Une protection toute symbolique certes, mais la tenue est rare on est en effet plus habitué à voir des armures japonaises que chinoises , agrémentée d’un résultat de 57 420 €. D’ailleurs, une autre armure de parade, incomplète celle-ci, fixait tout de même 35 728 €. Une délicate robe en soie bleu clair, à décor tissé de fils d’or et du XVIIIe siècle, ayant conservé sa fraîcheur, ses délicats coloris et son col de fourrure de lapin, illustrait à son tour ce chapitre textile joliment garni et recevait 20 416 €. Quant à une peinture du XIXe siècle, sur laquelle se retrouvent les cachets apocryphes de Qianlong, c’est à 103 356 € qu’elle était décrochée. Son originalité ? Il s’agit bien d’une peinture, mais réalisée en soie tissée de fils dorés et polychromes pour figurer un fin paysage de montagnes et de pagodes.

vendredi 14 juin 2019 - 14:00 - Live
9, rue Drouot 75009 Paris
Thierry de Maigret
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