Martiros Saryan : en terre arménienne

Le 14 janvier 2021, par Anne Doridou-Heim

Une peinture de Martiros Saryan vibrait comme un hymne national à un pays et à une culture chéris.

Martiros Saryan (1880-1972), Ardanouch, 1912, huile sur carton, 22 29,5 cm.
Adjugé : 18 200 

Cette vacation d’œuvres des écoles de la grande Russie était centrée autour de la dispersion de la collection d’Armen Petrossian. Ardanouch, une huile sur carton de 1912, y accrochait plus particulièrement le regard. Elle est due au pinceau de Martiros Saryan (1880-1972), né sur le sol russe mais considéré comme le père de la peinture moderne arménienne. L’homme vouait un véritable amour à la culture de ses ancêtres, en étudiait les différents aspects, l’histoire, la poésie, l’art… Prolifique – plus de trois mille toiles lui sont attribuées –, il réalisa la synthèse entre sa formation reçue à Moscou auprès de Valentin Serov (1865-1911) et Constantin Korovine (1861-1939) et les apports de l’école moderne parisienne, pour livrer des tableaux construits par la couleur, au style unique immédiatement identifiable et dont le cœur palpitant est sa patrie bien-aimée. Paysages, portraits, villages sont un hymne à l’Arménie et à la beauté de sa nature. Celui-ci date de 1912, quelques années seulement avant que cette terre et son peuple ne soient suppliciés. L’élève dépassait le maître car Ardanouch recevait 18 200 €, alors que le Printemps à Okhotino (32,3 67,7 cm), exécuté en 1901 par Korovine, n’était pas décroché.

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