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La fable animalière des époux Lalanne

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Alors que le lapin de Claude tendait bien ses oreilles pour mieux entendre le bruit des enchères, le mouton de François-Xavier demeurait placide.

La fable animalière des époux Lalanne
Claude Lalanne (1925-2019), Lapin de Victoire, bronze à patine dorée, d’un tirage à 8 exemplaires, h. 37 cm.
Adjugé : 308 220 

Le Mouton de pierre vers 1985, à l’honneur en page 43 de la Gazette n° 45 (voir l'article Un Renoir, un Lalanne et deux Delaney), avançait sereinement vers des pâturages de 434 020 €. Le placide ruminant avait pour lui d’avoir été acquis par ses précédents propriétaires directement auprès de François-Xavier Lalanne (1927-2008). Depuis la naissance des premiers en 1965, les caprins sont devenus ses œuvres les plus emblématiques. On parle souvent d’eux – proposés seuls ou en troupeaux – en termes de records, mais on oublie généralement qu’ils ont une origine mythologique. De fait, ils font référence à un passage de l’Odyssée d’Homère, celui où Ulysse et ses compagnons, une fois le cyclope aveuglé, s’échappent de sa caverne en se cachant sous le ventre de ses moutons. Les premiers ont d’ailleurs été présentés sous le titre Pour Polyphème. Ainsi l’animal fait-il écho à l’univers fantastique auquel les Lalanne ont voué une vie de création, tout comme le Lapin de Victoire de Claude (reproduit ci-contre). Le sujet est un peu à l’épouse ce que le mouton est au mari, un incontournable. Qu’il soit habillé d’une collerette de choux, tienne la haute tige d’une fleur ou tende grand ses oreilles, il n’a rien de naturaliste, semblant tout droit sorti d’un conte pour enfants et donnant envie de courir après lui ! D’ailleurs, pour l’attraper, il faut aller de plus en plus vite, celui-ci détalant à 308 220 €. Le couple a trouvé dans le monde animal une source inépuisable d’inspiration, un répertoire qu’ils ont soumis «aux contraintes de l’art décoratif avec beaucoup d’humour» (galerie Mitterrand), peut-on même ajouter «avec légèreté». Ils ont désacralisé la sculpture, en lui donnant une vocation d’usage plus familière. Deux peintures de l’Américain Beauford Delaney (1901-1979) étaient aussi accrochées au plus haut. Son Autoportrait (75 56 cm), une huile sur carton, obtenait 308 220 € et une Composition (116 73 cm) de 1961, 371 120 €. Ces deux œuvres provenaient de l’ancienne collection Jacques et Solange du Closel, résolument engagés auprès de l’art contemporain – Solange ayant été de nombreuses années administratrice de la société des Amis du Centre Georges Pompidou –, dont les œuvres avaient été dispersées par la même maison de ventes en mai 2016 à l’Hôtel Drouot.

Panorama (après-vente)

À Mechelen en 1600

Publié le , par Anne Doridou-Heim

La lampe de Hanoukkah de forme triangulaire en bronze, fondue en France entre les XIIIe et XIVe siècles, reproduite page 46 de la Gazette n° 45 (voir...

À Mechelen en 1600

La lampe de Hanoukkah de forme triangulaire en bronze, fondue en France entre les XIIIe et XIVe siècles, reproduite page 46 de la Gazette n° 45 (voir l'article Judaïca) pour annoncer la vente de judaica de Pierre Bergé & Associés (M. Scheinowitz) du 21 décembre, allumait un intérêt de 24 700 €. Juste derrière les 29 900 € reçus par cette grande cuiller en argent frappée à Mechelen en 1601. Le couvert (l. 48,9 cm – poids 404 g) est de l’orfèvre Jan Eyck II. Le manche est terminé par la figurine d’Élisabeth de Hongrie, une sainte populaire bien au-delà de la sphère catholique pour sa grande piété envers les pauvres.

mardi 21 décembre 2021 - 18:00 (CET) - Live
Pierre Bergé & Associés
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