Une colombe de Picasso pour les Ramié

Le 25 mars 2021, par Anne Doridou-Heim

La dispersion de la collection Jean et Huguette Ramié avait un invité de marque, qui a une fois encore enflammé les enchères.

Pablo Picasso (1881-1973), plat Colombe, 1949, faïence à décor incisé et peint aux engobes et oxydes métalliques sous glaçure, 31 x 38,5 cm.
Adjugé : 156 000 

© Succession Picasso, Paris, 2021

La vente racontait quel terreau fertile pour les arts du feu et les artistes fut l’atelier Madoura de Vallauris grâce à l’intelligence de Jean et Huguette Ramié, et ne pouvait omettre les liens incroyables tissés avec Pablo Picasso. Alors bien sûr, ainsi qu’annoncé dans la Gazette no 10 du 12 mars (voir l'article Jean et Huguette Ramié, Picasso pour témoin page 49), c’est une toile du Malaguène, Tête de mousquetaire (45,8 38,2 cm), peinte en 1967, qui l'emportait vaillamment à 1 645 800 €, mais l’aventure étant bien celle de la céramique, c’est sur elle que l’on s’attardera… Il faut noter les 62 500 € du carreau au Faune en buste aux marottes de 1956 (voir article mentionné ci-dessus), les 87 500 € de celui peint en 1965 d’une Tête d’homme barbu (25,5 25,5 cm) et dédicacé à Jean Ramié, les 20 800 € d’un vase Hibou (h. 24,5 cm) ou encore les 12 126 € d’un plat au Joueur de diaule (31 37,2 cm). C’est un autre plat orné cette fois d’une symbolique Colombe et daté 1949, soit des premiers temps de leur collaboration, qui retenait la plus haute enchère en la matière, à 156 000 €. Pièce unique, cette faïence dont le décor est incisé et peint aux engobes et oxydes métalliques a été exécutée à partir d’un modèle standard de l’atelier, moulé à la presse. L’émaillage lui aussi est caractéristique de Madoura. Et le choix du motif, justement en 1949, n’est pas anodin. En effet, cette année-là se tient à Paris le Congrès mondial des partisans de la paix. À la demande du Parti communiste, Picasso dessine une affiche symbolisant le Mouvement de la paix (créé l’année précédente), et choisit de tracer en quelques coups de crayon la silhouette du bel oiseau blanc. À la jonction entre les différents arts se situe une Nature morte aux poissons, appelée encore Les Jours maigres (92 62,5 cm), peinte sur le plâtre de la cuisine des Ramié. Il s’agit là encore d’une pièce unique, celle-ci témoignant des liens intimes unissant les uns et l’autre,

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