Respect des anciens en Chine

Le 25 avril 2019, par Anne Doridou-Heim
Chine, XIXe siècle. Brûle-parfums tripode en néphrite, incisé d’une frise de masques de taotie et de motifs géométriques, la prise du couvercle à décor sculpté en léger relief d’un lotus, h. 12,8 cm.
Adjugé : 95 250 

Plus de deux ans déjà depuis le succès de la très belle exposition du musée Guimet consacrée aux jades impériaux chinois («Jade, des empereurs à l’art déco», octobre 2016-janvier 2017) et toujours le même engouement pour les objets conçus dans cette pierre pure et dure. Les collectionneurs traquent les plus belles pièces et les honorent d’enchères à l’avenant. En témoignent les 95 250 € versés sur ce petit brûle-parfums tripode en néphrite incisé d’une frise de masques de taotie, du XIXe siècle. Son originalité réside dans la transcription dans cette matière d’un objet dont la forme remonte aux plus anciennes dynasties (voir l'article Art classique chinois et modernité de la Gazette no 14 du 12 avril, page 48). Cette vente réservait d’autres résultats sérieux, à l’image des 40 640 et 38 100 € avancés sur deux rouleaux attribués à Qi Baishi, des 49 530 € emportant un vase balustre (h. 22,8 cm) vers 1900 en porcelaine bleu et blanc, à décor de dragons poursuivant la perle sacrée dans les nuées, et des 10 795 € produits sur une petite boîte d’encre en bronze, insérée dans une autre en bois, au décor incrusté de fils d’or et d’argent. Un petit détour par le Japon pour remarquer ensuite les 13 970 € d’un coffret de forme bombée en laque noire, à décor dit «nanban» de fleurs d’automne, et les 8 255 € d’un ensemble de onze paniers en bambou pour l’ikebana. Un score qui honore «Fendre l’air», l’exposition du musée du quai Branly - Jacques Chirac qui vient de fermer ses portes ( le 7 avril) sur un grand succès et a permis la redécouverte d’un art séculaire.

Panorama (après-vente)

Attention aux pinces…

Deux rouleaux à l’encre sur papier attribués au lettré chinois Qi Baishi (1864-1957) se déroulaient à respectivement 40 640 € et 38 100 €. Le premier représente des branches de litchi (132 30 cm) et le second, quatre crabes évoluant dans un espace neutre (99 33 cm). Ce peintre est maître vénéré par le peuple chinois tout entier, car il a su renouveler l’art traditionnel grâce à son pinceau vigoureux et rustique, redevable à ses racines paysannes. La nature est bien sûr sa principale source d’inspiration. Ces deux pièces étaient adjugées lors de la vente d’arts d’Asie de Beaussant Lefèvre à Drouot, le mercredi 17 avril (Cabinet Portier et associés).
 

 
 
mercredi 17 avril 2019 - 13:30 - Live
9, rue Drouot 75009 Paris
Beaussant Lefèvre
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