Gazette Drouot logo print

Honneur aux artistes français

Publié le , par Sophie Reyssat

Les divers mouvements picturaux de la seconde moitié du XXe siècle en France sortent enfin de leur purgatoire.

Honneur aux artistes français
Marc Devade (1943-1983), Sans titre, 1970, acrylique sur toile, 200 327 cm.
Adjugé : 114 400 

Cette vente proposait un large panorama des différentes mouvances, d’Atlan à Le Moal en passant par César et Devade, sans omettre les artistes étrangers installés en France, tels Poliakoff, Hantaï et Brauner. Un nom est moins connu du grand public, mais présent dans les catalogues de la maison versaillaise depuis quelques années, celui de Marc Devade. Philosophe et poète, engagé au parti communiste, il se consacre à la peinture à partir de 1966. Sa première exposition se tient peu après en 1970 à la galerie Le Haut Pavé, quai de Montebello ; la monographie comprend des textes de Marcelin Pleynet et Philippe Sollers, avec lesquels il avait travaillé à la revue Tel Quel, fondée en 1960 par Philippe Sollers et Jean-Edern Hallier. Les premières œuvres en noir et blanc des années 1960 laissent peu à peu la place à un chromatisme très subtil et une géométrie rigoureuse, quasi architecturale avec ses plans, ses équerres, ses fenêtres, toutes les formes peintes en aplats. Son œuvre, à l’instar d’un Rothko, est poétique, évitant la sécheresse de son parti pris ; il rejoint le groupe support/surfaces dont il théorise les préceptes et, avec certains de ses membres, fonde la revue Peintures, cahiers théoriques. À 114 400 €, sur une estimation de 40 000/50 000 €, cet acrylique de 1970 obtenait le record pour Marc Devade, confirmant l’opinion de Marcelin Pleynet : «Ses meilleurs tableaux ne vieillissent pas». Autre figure du XXe siècle français, Jean-Michel Atlan (1913-1960) obtenait quant à lui 101 400 . Pour l’abstraction lyrique, on retient une huile sur toile de Jean Le Moal (1909-2007), L’Orage (1957-1958, 116 88,5 cm), qui dépassait allègrement son estimation de 30 000/40 000 € pour atteindre 74 100 €. Un beau résultat pour un artiste qui affirmait qu’«une toile commence à vivre quand les rapports de couleur créent une lumière».

Panorama (après-vente)

Figures magiques de Brauner

Publié le , par La Gazette Drouot

Bien que le titre soit explicite  Le Refus , ce tableau nous emmène dans l’univers magique de Victor Brauner (1903-1966), peuplé d’êtres cachés sous...

Figures magiques de Brauner

Bien que le titre soit explicite  Le Refus , ce tableau nous emmène dans l’univers magique de Victor Brauner (1903-1966), peuplé d’êtres cachés sous des formes semi-géométriques. L’artiste les enrobe d’un symbolisme cabalistique. Cette huile sur toile (81,5 100 cm) figurait dans la vacation consacrée à l’art d’après-guerre et aux œuvres contemporaines dirigée par Versailles Enchères OVV, le dimanche 28 avril, à Versailles : 117 000 € la couronnaient.

dimanche 28 avril 2019 - 14:30 (CEST) - Live
Versailles Enchères
Les facettes des avant-gardes

Les avant-gardes du siècle dernier n’ont eu de cesse de renouveler l’expression artistique, avec une radicalité qui a donné naissance à une multiplicité de styles, dont cette vente d’art abstrait et contemporain rassemble les développements les plus connus depuis l’après-guerre. Revivifiée par le Salon des réalités nouvelles en 1946, l’abstraction géométrique s’enrichit de talents comme celui de Victor Vasarely, actuellement mis à l’honneur par la rétrospective que lui consacre le Centre Pompidou. Jouant avec la répétition des lignes et des formes, il crée des ambiguïtés visuelles dont témoigneront deux acryliques sur panneau proposés dans une fourchette de 15 000 à 25 000 €. Si ses formes s’approchent de la géométrie, Serge Poliakoff emprunte quant à lui une autre voie, celle de la matière qui rompt l’apparente rigueur de ses compositions. Sa touche dansera sur deux œuvres en camaïeux de bleu, montrant l’évolution de sa peinture : une gouache de 1953 aux motifs encore précis, et une huile sur toile de 1962, dont les contours se dissolvent dans la couleur (respectivement autour de 45 000 et 55 000 €). Les formes sont également l’apanage de Jean-Michel Atlan, mais elles ne se contentent pas d’être abstraites, certaines étant plutôt des figures allusives cernées de noir. Chacun pourra en juger avec une toile de 1959 (80 000/100 000 €). L’artiste a d’ailleurs été séduit par le mouvement Cobra, à la frontière de l’abstraction, du surréalisme et de l’expressionnisme. Simon Hantaï s’est successivement essayé à ces deux derniers courants avant de les abandonner pour entrer, entre 1958 et 1960, dans une période «mystique». Durant ce cycle précédant l’invention de ses pliages, il réalise une douzaine d’œuvres, notamment une Peinture (touches claires), conservée au Centre Pompidou, de laquelle cette toile est à rapprocher. Multipliant les mêmes signes à l’infini, il les transcende par la lumière, de même qu’il transforme le support de sa toile en matériau.

Gazette Drouot
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne
Gazette Drouot