Les accords magnifiques de Mozart

Le 26 novembre 2020, par Anne Doridou-Heim

Deux manuscrits musicaux du génial Mozart menaient les enchères à un rythme allegro. Jouez violons, sonnez hautbois !

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Les Noces de Figaro [1786], manuscrit autographe de la première version de la Scena con Rondó, quatre pages in-4o oblong d’un bifeuillet (22,3 31 cm).
Adjugé : 481 000 

Magnificat ! Une page, témoignage de cette œuvre perdue dont on ne connaissait à ce jour que sept mesures (voir l'article Mozart, père et fils page 50 de la Gazette n° 40 du 13 novembre) et qui vient lui en offrir le commencement recevait les faveurs d’un public tout acquis à Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) et fixait 101 400 €. Ce n’était que le début. Apparaissait ensuite le manuscrit autographe de la première version de la Scena con Rondó, le dernier acte des Noces de Figaro. Et là, c’est jusqu’à 481 000 € qu’il fallait faire jouer l’orchestre pour emporter le morceau. Il s’agit il est vrai d’un véritable document de travail, éclairant la genèse d’un chef-d’œuvre de la musique classique que le compositeur modifiera considérablement et dont il raccourcira le récitatif accompagné dans la version définitive. Ce 38e opus des vacations Aristophil offrait une véritable ode à la musique. Les plus grands noms y étaient réunis pour un concert exceptionnel, toujours à huis clos. Jean-Sébastien Bach (1685-1750) avait dès les premières notes fait s’envoler les enchères avec un fragment autographe de sa cantate BWV 188, Ich habe meine Zuversicht, porté à 182 000 €. Avec cette pièce, le maître de Leipzig signe un chant glorifiant la confiance en Dieu, mettant à nouveau l’accent sur la foi qui sauve le croyant en dépit des vicissitudes de la vie. Puis la puissance de Ludwig van Beethoven (1770-1827) se faisait entendre. Une lettre envoyée de Vienne le 26 février 1823 dans laquelle celui-ci revient sur ses bagatelles, sa Missa solemnis, et ajoute deux citations musicales, était postée à 91 000 €, tandis qu’une autre adressée à l’archiduc Rodolphe – tout à la fois son élève et son mécène – au sujet de ses soucis avec la tutelle de son neveu Karl et une composition musicale du prince retenait 58 500 €. Quant à Frédéric Chopin (1810-1849), c’est à 93 600 € que deux de ses deux brèves œuvres pour piano inspirées du folklore polonais, Allegretto et Mazur, étaient écoutées. Les institutions étaient une nouvelle fois à l’affût. La BnF préemptait le manuscrit autographe de la Sonate pour hautbois et piano d’Henri Dutilleux (1916-2013), à 18 850 €, et à 58 500 € le cycle des sept pièces pour orgue des Corps glorieux écrit à l’été 1939 par Olivier Messiaen (1908-1992).

vendredi 20 novembre 2020 - 02:00 - Live
Ader , Les Collections Aristophil
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