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Lot n° 1224

Isaac Van OSTADE (Haarlem 1621 - 1649) Le porc...

Isaac Van OSTADE (Haarlem 1621 - 1649) Le porc écorché Panneau de chêne, deux planches, non parqueté Hauteur : 71.5 cm Largeur : 56 cm Sans cadre Signé et daté en bas à droite : ... Van Ostade / 1640 Inscription au revers du panneau B: 26. Restaurations anciennes Provenance: Vente Ader 1960. Le « Cochon suspendu » de Joachim Beuckelaer (1563, Cologne, Wallraf-Richartz Museum) est probablement l'une des premières représentations d'un thème largement développé aux Pays-Bas à partir des années 1630. Occasion de festivités et de retrouvailles, l'abattage du porc illustre traditionnellement les activités du mois de novembre et l'entrée dans l'hiver. Il faut deux journées pour abattre et cuisiner le cochon qui permettra de nourrir la famille pendant l'année à venir. Pour les enfants, c'est souvent la première confrontation avec la mort et leur présence fait partie de leur éducation. Ce moment de la vie quotidienne devient alors prétexte à un enseignement moral. Ici, l'animal qui a été lavé à l'extérieur, est installé dans un intérieur rustique, probablement près d'un feu. L'enfant observe une femme découpant les abats qui doivent être cuits immédiatement, les autres morceaux seront fumés ou mis au saloir. La nature morte, avec sa cane en cuivre, évoque le travail de préparation de la carcasse. Isaac van Ostade(1621-1649) et son frère Adrien (1610-1685) ont traité le sujet à plusieurs reprises, Isaac entre 1639 et 1643 , dans des formats modestes. Proche de notre version, son « Porc écorché » conservé au musée Frans Hals de Haarlem (panneau, 48 x 40 cm) montre deux enfants jouant au premier plan. Situé vers 1642 le panneau conservé au musée des Beaux-Arts de Budapest (Panneau, 41 x 31 cm) offre une image plus crue : la carcasse qui occupe le premier plan, vivement éclairée, est encore dans une grange, sanguinolente. En arrière-plan, un adulte et un enfant gonflent la vessie de l'animal qui devient une sorte de ballon. Plus tardif, « Le Dépècement du porc » réunit toute la famille : tandis que les parents s'affairent autour de la carcasse accrochée à une échelle, les enfants jouent avec la vessie (1645, 57 x 50 cm,. Musée Lille). Ils défient la mort et humanisent la scène, illustrant une maxime populaire qui met en garde contre l'illusion des apparences et rappelle la fragilité de l'existence : « le monde que l'on aperçoit est une vessie pleine de vent et rien d'autre ». Le musée de Caen conserve une composition très proche de celle que nous présentons, mais de la main d' Adriaen van Ostade (Panneau, 46,5 x 39,5 cm, vers 1650, anc. Coll. Fesch). On y retrouve une femme et un enfant dans l'ombre ainsi que le feuillage d'une vigne, motif également associé à l'automne. Ces « Porcs écorchés » précèdent de quelques années le « Boeuf écorché » de Rembrandt (Panneau, 94 x 69 cm, 1655, Paris, musée du Louvre). L'artiste qui a fait dire à Paul Valéry «Rembrandt sait que la chair est de la boue dont la lumière fait de l'or» nous a laissé la représentation la plus célèbre d'un motif repris jusqu'au XXè siècle. En 1925 Chaïm Soutine en fait le sujet d' une série de toiles dont « Le boeuf écorché » du musée de Grenoble (toile, 202 x 114 cm). Expert : Cabinet TURQUIN

mercredi 24 juin 2026 - 14:00 - Live
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