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Lot n° 20

ARMAND GUILLAUMIN (1841 - 1927)

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Paysage de la Creuse, vers 1918 Huile sur panneau Signée en bas à droite 32 x 41 cm - 12 3/4 x 15 3/4 in. Un certificat du Comité Armand Guillaumin, en date du 12 avril 2023, sera remis à l'acquéreur. PROVENANCE - Galleria d'arte Galatea, Turin - Collection particulière, France « Il semble que ce soit dans ses nombreuses toiles faites à toute époque dans la Creuse que Guillaumin ait donné toute sa mesure. Chaque peintre a sa terre d'élection, ses paysages préférés où il travaille avec le plus de bonheur et qui lui inspirent ses oeuvres les plus belles [...] » Georges Lecomte, « Armand Guillaumin, un grand peintre de l'Impressionnisme », in. La Revue politique et littéraire, 19 mai 1906, p. 624 "Après 1916, la palette de Guillaumin devient de plus en plus tendre. La tonalité générale de ses compositions s'éclaircit, on y trouve davantage d'effets de brume, et la finesse de la couche de couleur elle-même se rapproche parfois de celle de la gouache. Parmi les toiles qu'il a offertes à Mme Ballot, à Mlle Yvonne Coste et à d'autres amis, nombreuses sont celles qui semblent inachevées. Cette impression vient essentiellement de ce que l'on y trouve des parties blanches qui brillent sur la couche de fond autour des coups de pinceau et à travers eux. On a presque tendance à croire que l'horreur de la guerre lui a ravi toute son énergie vitale et que sa voix affaiblie s'est transformée en un murmure. Vers le 7 février 1918, Guillaumin arrive à Crozant et se met aussitôt au travail ; il peint une "gelée blanche" du Pont Charraud, qui porte la date du 10 février. Une autre "gelée blanche" est qualifiée par l'artiste lui-même d'"assez bonne" ; c'est une vue très colorée d'une de ses scènes préférées, dominééée à cette saison par les tons de rose des rochers et le feuillage hivernal qui contraste avec les branches vertes des genêts. Les fougères jaunes et les champs desséchés confèrent au plan intermédiaire un chaud éclat doré. À l'arrière-plan, un champ verdit, tandis que la lumière du matin en oblique noie les collines lointaines dans un rouge-violet terne. Guillaumin ne cesse de grogner contre ses marchands de tableaux parce qu'ils réclament sans cesse des "gelées blanches", mais lui-même, elles le plongent dans le ravissement, même si le froid glacial du petit matin d'hiver paralyse ses doigts âgés de 77 ans. Le rayonnement des "gelées blanches" correspond à sa palette qui, depuis les années quatre-vingt-dix, est devenue peu à peu plus claire et plus lumineuse. Il passe presque tout le reste de l'année 1918 à Crozant. Mme Ballot y séjourne également depuis le printemps, de sorte que leur correspondance au cours de cette année est plutôt maigre. Le 12 juin, Guillaumin est à Paris pour un bref séjour, il y subit les bombardements, mais ne tarde pas à retourner à Crozant où de nombreux Parisiens iront aussi se réfugier jusqu'à la fin des hostilités." Christopher Gray, "Armand Guillaumin, sa vie et son oeuvre", in. "Armand Guillaumin, un maître de l'Impressionnisme français", cat. expo., Lausanne, Fondation de l'Hermitage, 12 juillet - 20 octobre 1996, Paris : La Bibliothèque des Arts, 1996, p. 138

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