Lot n° 23
Résultat : Non Communiqué
IMPORTANTE STATUE TEOTIHUACÁN PRÉCLASSIQUE - PROTOCLASSIQUE,
ENV. 300 AV.-300 AP. J.-C.
Schiste mêlé de serpentine, vert foncé, veiné et poli
Hauteur: 42.9 cm. (16⅞ in.)

$280000-490000

PROVENANCE
Jean Cambier, Waterloo, Belgique
Alphonse Jax, New York, acquise auprès de ce dernier vers 1975
Sotheby's, New York, 16 mai 1995, lot 75
Collection Gérard Geiger (1958-2003),
Lausanne, acquise auprès d'Alphonse Jax Importante collection privée européenne, acquise auprès de cette dernière en 2004

EXPOSITION
Genève, Musée Rath, Mexique, Terre des Dieux:
Trésors de l'art précolombien, 8 octobre 1998 - 24 janvier 1999

BIBLIOGRAPHIE
Aveleyra, L. et Román Piña, R., L'Art Précolombien:
Olmèque, Maya, Aztèque, Lausanne, 1996, p. 210
Burnand, G. et Stierlin, H., Mexique, Terre des Dieux: Trésors de l'art précolombien, Genève, 1998, p. 129, n° 133
Geiger, G., Burnand, G. et al., Au coeur de l'Amérique précolombienne. Collection Gérard Geiger, Milan, 2003, pp. 90-91, n° 33

Important personnage masculin en serpentine schistique vert foncé et veinée à l'allure imposante au travers duquel on peut voir les infuences stylistiques tardives des Olmèques et de l'art du Guerrero mêlées pour former le style classique Teotihuacán, aux jambes légèrement arquées et aux orteils nettement délimités, aux longs bras musclés le long du corps, aux pectoraux légèrement gonfés et aux clavicules dessinées avec délicatesse, à la colonne vertébrale visible et au dos taillé en V, au visage statique avec une bouche ouverte d'où l'on voit la dentition supérieure - ce qui représente une caractéristique stylistique de l'art lapidaire olmèque -, des yeux en retrait avec des percements sur les côtés peut-être autrefois incrustés, des arcades sourcilières arquées et des oreilles percées pour y placer des ornements, et au-dessus de la tête aplatie avec une partie rugueuse qui peut suggérer les restes d'une coifure ou d'un haut de chevelure.
L'ensemble des grandes statues stylisées du début de la période Teotihuacán présente des caractéristiques des traditions artistiques antérieures de la sculpture olmèque et Guerrero en ce qui concerne les attitudes, l'aspect physique et la position statique.
Les oeuvres Teotihuacán de cette taille comme celle présentée ici laissent à penser qu'elles ont été mutilées pour des raisons religieuses (voir Berrin et Pasztory, 1993: pl. 13).
Pour un exemple de taille et de posture similaire, voir Bassani et McLeod, 1989: n° 678 et M. Robb, Teotihuacan: City of Water, City of Fire, 2017: p. 235, pl. 31.
Pour un exemple similaire de coifure, voir G. Burnand et H. Stierlin, Mexique, Terre des Dieux: Trésors de l'art précolombien, 1998: p. 128, n° 130.

IMPRESSIVE EARLY TEOTIHUACÁN STONE FIGURE
The imposing fgure showing the convergence of late Olmec and Guerrero styles merging into the classic Teotihuacan form, the male fgure with slightly bent legs and deeply grooved toes, elongated, muscular arms by the sides, gently swelling pectorals, the back with a spinal groove and V-shaped groove and subtly delineated clavicles, the mask-like face with parted lips revealing upper gum, a stylistic trait of Olmec lapidary art, recessed eyes drilled at the corners perhaps once inlaid, arched brows and ear fanges pierced for ornaments, the fattened top of the head with a roughened septum indicating the remains of a headdress or a crest; in veined dark green schistic serpentine.
The corpus of such large, stylized Early Teotihuacan fgures exhibit elements of the posture, material and static force of the earlier traditions of Olmec and Guerrero sculpture.
Similar sized objects from Teotihuacan suggest that they were ritually damaged as the present example, Berrin and Pasztory, 1993: pl. 13.
For examples of similar size and posture, see Bassani, E. and McLeod, M.D., Jacob Epstein Collector, Milan, 1989, no. 678, and M. Robb, Teotihuacan: City Of Water, City of Fire, 2017: p. 235, pl. 31. For the similar treatment of the headdress, see G. Burnand and H. Stierlin, Mexique, Terre des Dieux: Trésors de l'art précolombien, 1998: p. 128, no. 130.

LE JEU DES DIEUX Le jeu de balle, ollamaliztli en langue Náhuatl, était l'une des pratiques les plus populaires dans l'ancienne Mésoamérique, remontant probablement à la période olmèque aux environs de 1200 av. J.-C, dans la région du Golfe du Mexique moderne. Ce jeu était toujours pratiqué par les Aztèques, comme cela a été indiqué dans les chroniques des conquérants espagnols. Plus de 1500 terrains de jeu de balle ont été identifés.
C'était à la fois un sport pratiqué pour son aspect récréatif mais aussi en tant qu'activité rituelle à caractère sacré associée à la guerre, au sacrifce et aux cycles du temps. La pratique de cette activité était pour les Mayas une reconstitution du jeu de balle mythique joué entre les Héros Jumeaux, dieux de la fertilité et de la vie, avec les dieux des Enfers qui incarnaient la mort. Dans la mythologie maya, les Héros Jumeaux ont pratiqué ce jeu pour sauver leur père, le Dieu du Maïs, et ils ont été victorieux sur les Seigneurs du Monde Souterrain.
La version maya de cette pratique était jouée dans des cours en maçonnerie (fg. 1) situés à proximité de l'enceinte la plus sacrée de la ville. Le nombre de joueurs variait, et les points étaient d'ordinaire marqués en projetant en l'air une balle de latex faite dans un caoutchouc dense et dont certaines pouvaient faire jusqu'à 30 centimètres de diamètre.
La balle ne pouvait être touchée que par les hanches, les cuisses, les bras voire les parties articulaires des joueurs: un rembourrage était nécessaire pour amortir l'impact de la balle en caoutchouc compact qui ricochait à grande vitesse au travers du terrain.
Les représentations de ce jeu sur les décors peints des vases en céramique, les reliefs en pierre (fg. 2) et terres cuites imagées montrent des joueurs qui portent une grande variété d'accessoires vestimentaires. Un ensemble de modèles portatifs réalisés en pierre de ce type d'accessoires représente une catégorie importante dans les registres des sculptures mayas et de Veracruz.

Fig. 1
Trois séries distinctes d'objets sont généralement représentées: les jougs, les hachas et les palmas. Les jougs, en forme de U et dénommés ainsi pour leur similitude de forme avec les mêmes matériels agricoles sont considérés comme les sculptures les plus anciennes illustrant le jeu de balle. Les hachas pour leur part, sont des objets qui pouvaient être insérés sur le joug (fg. 3). Les accessoires en pierre du jeu de balle qui nous sont parvenus pourraient avoir servis de trophées commémoratifs ou d'objets cérémoniels lors de processions liées à ce même jeu. Le véritable équipement de protection était probablement composé en matériaux périssables comme le bois, le cuir, le papier et le tissu.
Le contexte général d'utilisation se rapportait au cycle universel de la vie, de la mort et de la renaissance des peuples mésoaméricains.

GAME OF THE GODS
The ballgame, ollamaliztli in Nahuatl, was one of the most popular rituals in ancient Mesoamerica, probably originating in the Olmec period, ca. 1200 B.C., in the Gulf region of modern Mexico. The game was still played by the Aztecs as chronicled by the conquering Spaniards. Over 1500 ball courts have been identifed.
It was both a recreational sport and a sacrosanct ritual activity associated with warfare, sacrifce and the cycles of time.
For the Maya it was a reenactment of the mythic ballgame played by the Hero Twins, gods of fertility and life, and the gods of the Underworld, death. In Maya mythology, the Hero Twins played the game to save their father, the Maize god, and the Hero Twins were victorious over the Lords of the Underworld.
The Maya version of the game was played in masonry courts (fg. 1) and was situated near the most sacred precincts of a city. The number of players varied, commonly points were scored by keeping a dense latex rubber ball (some perhaps as large as 30 cm.) in the air. 
The ball could only be hit by the players' hips, thighs, upper arms and possibly knuckles. Padding was necessary to cushion the impact of the solid rubber ball which ricocheted through the court at high speed.
Images of the game on ceramic vase painting, stone reliefs (fg. 2) and fgural terracottas show players wearing a variety of apparel. A range of portable replicas in stone of these accoutrements comprise an important category of Mayan and Veracruz sculpture. Three distinct categories of gear are commonly represented: yokes, hachas and palmas. Yokes, U-shaped objects, named for their similarity to agricultural yokes, are considered the earliest sculpture in the ballgame kit. Hachas are objects which could be ftted into the yoke (fg. 3).
Surviving stone ballgame equipment might have served commemorative trophies or as ceremonial items carried in processions related to the ballgames. The original protective gear probably was composed of perishable material such as wood, leather, paper and cloth.
The contest was a mnemonic of the universal cycle of life, death and rebirth to the Mesoamerican peoples.

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