Lot n° 2

ART BYZANTIN, fin du Ve siècle

Vente terminée
Résultat : Non Communiqué

TABOURET PLIANT DE CAMP Fer battu, incrustations d'or et d'argent, cuir
H. 48 cm, L. 52 cm, P. 42 cm
Lanières de cuir rapportées
Cet exceptionnel tabouret pliant est constitué de deux cadres rectangulaires en fer réunis par une attache centrale formant ainsi la structure en X. Cette fixation est habilement masquée et invisible de l'extérieur.
Une tige en fer, fixée par cinq rivets au sommet de chaque cadre, permet le maintien de six bandes en cuir formant l'assise. Le piètement présente une forme tubulaire de section octogonale terminée à ses extrémités par une large section carrée aplatie en partie inférieure et offre un riche décor incrusté d'or et d'argent composé de chevrons et frises de grecques en alternance en partie centrale, de trèfles et volutes stylisées en partie supérieure et de losanges épurés en partie basse.
Le travail du fer remonte à plus de 3000 ans avant Jésus-Christ. À l'origine, en ameublement, il a un usage essentiellement technique de liaisonnement des pièces. C'est en Egypte que l'on retrouve les plus anciens ouvrages métalliques; la demeure grecque antique était quant à elle meublée de lits et sièges aux piètements en bronze. Les ruines de Pompéi et d'Herculanum nous ont livré des sièges, guéridons tripodes, tables pliantes, armoires et coffres, faits ou agrémentés de bronzes. Les dignitaires et les nobles avaient l'apanage d'un siège pliant nommé sella utilisé lors des cérémonies. Le Musée du Louvre en conserve un exemple en argent à décor de têtes et sabots de béliers daté de l'époque antique romaine (fig. 1). Les tabourets de camps, à usage militaire, utilisés par l'Empereur et ses hauts dignitaires lors des campagnes contre les peuples barbares était alors considérés comme objets usuels de grande commodité mais également objets de propagande politique affirmant la supériorité de la civilisation romaine.
L'ornementation courant sur le piètement reprend les motifs byzantins de l'époque paléochrétienne très présents alors où chevrons, fleurons, zigzags, cercles sécants s'entrelacent et se déploient en répétition; répertoire que l'on retrouve notamment sur les pavements des églises. Conçus pour mettre en valeur le sujet qu'ils entourent, ces motifs ornementaux deviennent souvent des éléments organisateurs de la composition qui lui dicte ses proportions et son équilibre.
La collection James Ferrell, consacrée à l'antiquité gréco-romaine et au premier art byzantin conserve un tabouret pliant de camp proche de celui que nous présentons. De conception identique, il se distingue par la présence aux extrémités supérieures de quatre pommeaux aux motifs animaliers et végétaux. D'autres modèles ont été découverts lors de fouilles en France, en Italie ou en Hongrie; reçus comme cadeaux diplomatiques, ces tabourets prenaient alors place dans la tombe du haut dignitaire ou de l'aristocrate qui l'avait reçu. Tous ces exemples, stylistiquement très proches, prouvent l'existence d'ateliers spécialisés dans cette production et la présence de relations commerciales importantes au cours des Ve, VIe et VIIe siècles.
Références bibliographiques
Jeffrey Spier, Treasures of the Ferrell collection, éd. Verlag, 2010
Alain Renner, Mobilier de métal de l'Ancien Régime à la Restauration, éd. Monelle Hayot, Saint-Rémy-en l'eau, 2009
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