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Lot n° 47

Marianne BRANDT (Allemagne, 1893-1983)

Result :
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Estimate :
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Rare boîte d'allumettes Bauhaus par Marianne Brandt, fameuse artiste et designer. Années 1930. Carton lithographié. Fabriqué par Ruppel, Allemagne. Imprimé sur le dessus de la boîte en allemand : “KAMIN ZÜNDHÖLZER/ZÜNDEN NUR AN DER/PRÄPARIERTEN REIBFLÄCHE/IMPRÄGNIERT” et “RUPPEL” et estampille “Bich. Schüller” et autres lettres indéchiffrables. La boîte contient environ 40 allumettes de cuisine. H. 2,9 x L. 20,3 x P. 9,5 cm. Provenance Vente Phillips, New York, 13 décembre 2007, lot 34 (adjugé 3.125$). Biographie Marianne Brandt (Chemnitz, 1893-Kirchberg, 1983), peintre, designer d’objets et photographe allemande. Après des études de peinture et de sculpture à l’Académie des beaux-arts de Weimar, Marianne Liebe crée, à partir de 1917, des œuvres expressionnistes, et épouse le peintre norvégien Erik Brandt. L’ouverture du Bauhaus dans sa ville l’incite à s’inscrire dans cette école d’avant-garde en janvier 1924. Elle y suit les cours de Josef Albers, de Paul Klee et de Vassili Kandinsky, et parvient à entrer comme apprentie orfèvre dans l’atelier du métal de Laszló Moholy-Nagy. Ayant réussi son examen de compagnonnage, elle devient collaboratrice, puis chef adjoint jusqu’en septembre 1929. Elle s’appuie sur les formes fondamentales (sphère, cylindre et cube) pour créer des pièces uniques d’une grande pureté : cendrier en laiton partiellement nickelé, théière en tôle de laiton argenté et bois d’ébène, coupes, coquetiers. Ces objets, réalisés artisanalement, anticipent le rapprochement avec l’industrie, qui n’est réalisé qu’à Dessau. De nouveaux modèles de suspensions et de lampes à poser créées par M. Brandt et Hin Bredendieck sont proposés aux firmes Schwintzer & Gräff, à Berlin, et à Körting & Matthiesen AG (Kandem), à Leipzig, qui les commercialisent avec succès, certains à des milliers d’exemplaires. Elle quitte le Bauhaus en décembre 1929 lorsque Hannes Meyer en devient directeur et rejoint l’atelier d’architecture de Walter Gropius, à Berlin, avant d’entrer en 1930 comme designer dans l’usine d’articles en métal Ruppelwerk GmbH, à Gotha. En 1933, elle retourne, à Chemnitz, et se consacre de nouveau à la peinture. Chargée de cours à l’École des beaux-arts de Dresde (1949-1951), puis à l’École supérieure des arts décoratifs de Berlin-Weissensee (1951-1954) auprès de Mart Stam, elle intervient comme experte pour l’industrie à l’Institut pour les arts appliqués de Berlin-Est. Dans ce cadre, elle réalise, à la demande de la République démocratique allemande, l’exposition L’Art d’avant-garde allemand, présentée à Pékin et à Shanghai. Seule femme de l’atelier du métal du Bauhaus avec Lili Schultz, M. Brandt est aussi l’une de ses membres les plus célèbres, et ses objets font partie des collections des grands musées ; certains sont réédités par la firme italienne Alessi. En revanche, avant l’exposition de ses photomontages au Bauhaus-Archiv de Berlin, en 2005, ceux-ci étaient très peu connus du grand public. Pratiquant la photographie comme outil documentaire, elle prend conscience aux côtés de L. Moholy-Nagy et de son épouse, la photographe Lucia Moholy, que la photographie est aussi un moyen d’expression artistique libre de toute contrainte. Les collages ou photomontages qu’elle réalise à partir de coupures de presse lui permettent d’interroger la société et ses évolutions technologiques, la place de l’homme (L’homme qui porte la mort, collage 1928) et celle de la femme. Littérature Joëlle Malichaud, Extrait du Dictionnaire universel des créatrices, Éditions des femmes, Antoinette Fouque, 2013.

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