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Lot n° 44

Étienne-Charles LE GUAY (Sèvres, 1762-Paris, ...

Result :
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Portrait de Marie-Victoire Jaquotot (entre 1794 et 1801). Importante miniature rectangulaire la représentant en buste de trois-quarts d’après le “Portrait de Marie-Victoire Jaquotot, assise sur un divan”, du même artiste. Petits manques et accidents. H. 13 x L. 10 cm. Dans un cadre rectangulaire en bois doré à palmettes. Cadre : H. 20,5 x L. 17,5 cm. Historique Marie-Victoire Jaquotot (1772-1855), peintre sur porcelaine, fut l’élève puis la seconde épouse en 1794 d’Etienne-Charles Le Guay, dont elle divorça en 1801. Elle est peintre à la manufacture de Sèvres entre 1801 et 1842. Elle expose ses peintures sur porcelaine au Salon entre 1808 et 1836 et y obtient la première médaille d’or décernée à la peinture sur porcelaine. En 1816, Marie-Victoire Jaquotot reçoit le titre de “premier peintre sur porcelaine du cabinet du Roi”, titre qui lui permet d’ouvrir un atelier privé dans lequel elle enseignera pendant près de vingt ans la peinture sur porcelaine, notamment à Marie-Adélaïde Ducluzeau (1787-1849) qui sera aussi peintre à Sèvres. Lorsqu’elle était employée à la manufacture de Sèvres, Marie-Victoire Jaquotot a peint un grand nombre de pièces qui peuvent figurer parmi les meilleures peintures sur porcelaine ; selon Le Guide de l'amateur de faïences et porcelaines publié en 1867 : “C'est elle qui peignit le service de dessert donné à l'empereur Alexandre, et la série des portraits des rois, qui appartenait à la cour. On peut citer de cette artiste : La Belle Jardinière, d'après Raphaël ; Anne de Clèves, d'après Van Dyk ; Wellington ; Napoléon 1er ; Lady Darnley ; la comtesse Woronzof ; la duchesse d'Orléans ; la duchesse de Berry ; la comtesse Lorges, etc.” Si Madame Jaquotot connaît la célébrité dans toute l’Europe avec ses copies de tableaux des vieux maîtres comme Raphaël sur plaque de porcelaine, elle entreprend également de copier des oeuvres de peintres contemporains à partir de 1821, comme l’Amour et Psyché de François Gérard, qu’elle présente avec succès au Salon de 1824. Dans le tableau “Charles X distribuant les récompenses à la suite du Salon de 1824” de François-Joseph Heim, commandé à l’issue de l’évènement, Marie-Victoire Jaquotot figure au premier plan de la composition, juste derrière le roi ; cette place d’honneur illustre bien la reconnaissance acquise par cette artiste talentueuse. Le musée du Louvre conserve l’exceptionnel coffret de la tabatière de Louis XVIII, œuvre la plus prestigieuse sortie des ateliers de Sèvres sous la Restauration. Destiné à contenir la tabatière du roi, il abrite également vingt-quatre miniatures sur porcelaine de Marie-Victoire Jaquotot enchâssées sur le couvercle. Notre miniature sur ivoire est une variante en buste d’une autre d’Étienne-Charles Le Guay, “Portrait de Marie-Victoire Jaquotot, assise sur un divan”, peinte par entre 1794 et 1801 et conservée au Musée du Louvre (inv. RF 30768). Le peintre représente son épouse en train de consulter des estampes, parmi lesquelles on reconnaît la figure de la Mansuétude, l’une des vertus peintes par Raphaël dans la chambre de Constantin. Elle tient également à la main une gravure de La Vierge à la chaise, autant d’éléments témoignant de l’admiration de l’artiste pour Raphaël. Marie-Victoire Jaquotot s’est effectivement particulièrement illustrée dans ses copies d’après Raphaël. Sa maîtrise des couleurs céramiques, alliant la brillance des teintes et le velouté des carnations, fait également d’elle une figure phare de la recherche de peinture inaltérable d’Alexandre Brongniart, avec les copies peintes sur des grandes plaques de porcelaine, plaques ensuite encadrées comme des tableaux. Dans cette version plus recentrée et moins détaillée, Le Guay joue sur la blancheur du support pour donner au portrait de son épouse “une enveloppe lumineuse légèrement éthérée”. Camille Mauclair qualifie même cette œuvre de délicieuse : “la jeune miniaturiste y apparaît fort jolie”. Dans cette miniature cadrée sur le buste et qui ne montre plus ni le décor de colonne et de draperie à l’arrière-plan, ni le divan, ni même les estampes consultées, la jeune femme, toute de blanc vêtue, la tête recouverte d’une voilette de gaze, est une silhouette presque vaporeuse, nimbée d’un voile ivoire. Elle se détache sur un fond sombre, son visage est subtilement nacré et son regard fixe avec douceur le spectateur. Toute la délicatesse et la limpidité de l’art de Le Guay s'expriment dans cette sublime miniature. Le peintre semble avoir réalisé plusieurs variantes de cette pose, puisqu’une troisième version fut présentée en vente, à Londres chez Christie’s, le 10 décembre 2022, lot 173 (adjugée 31,070 £).

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