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Lot n° 40

Suzanne CARON (1734-1777)

Result :
Not available
Estimate :
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Portrait d’homme à la veste grise, 1765. Pastel entoilé, signé et daté à gauche “Suzanne Caron / fecit 1765”. H. 55 x L. 46 cm. Cadre rectangulaire de bois doré (éclats). Historique Fille de l’orfèvre lapidaire joaillier Pierre Caron, Suzanne grandit dans une famille d’intellectuels protestants. En 1761, elle est mentionnée par Madame Beaumer dans le Journal des Dames de novembre, l’éditrice y salue son talent de pastelliste : “Mlle Caron, quai des Morfondus, ne doit pas être oubliée dans la liste de nos femmes peintres. Elle est attachée à la peinture en pastel où elle se distingue. Nos connaisseurs lui promettent du succès.” En 1768, pour des raisons religieuses et surtout pour fuir la rude concurrence entre les portraitistes à Paris, elle s’installe aux Pays-Bas. Dès 1769, elle intègre la Guilde de La Haye et au même moment, une loge maçonnique lui commande le portrait de leur dernier membre, le célèbre indépendantiste corse Pasquale Paoli. En demandant à celui-ci dans quelle tenue il souhaite être représenté, il répondit : “Si vous vouliez me donner l’habit qui convient à ma condition, vous me représenteriez en chemise, car le roi de France a pris soin de me dépouiller”. Ce portrait est aujourd’hui connu à travers une gravure réalisée par Houbraken en 1769 et conservée au Rijksmuseum (voir illustration). En 1771, elle épouse Henry-Salomon Borchers, fils du consul de Suède à Rouen et homme d’affaires. Il emmène son épouse au Suriname, mais les affaires n’y sont pas très florissantes et malgré la vente de trois pastels et de trois huiles sur toile de Madame Caron, le couple est poursuivi par les créanciers. Elle décède, semble-t-il peu après la mort de son mari, en 1777. Parmi les grands hommes de son temps qu’elle a immortalisés, nous citerons encore le chirurgien renommé David-Henri Gallandat (1732-1782) et l’homme politique abolitionniste d'André-Daniel Laffon de Ladebat (1746-1829). Ce dernier portrait réalisé en 1763 est contemporain du nôtre (voir illustration). Dans les deux œuvres, la maîtrise délicate de l’art du pastel transparaît. C’est avec ingéniosité que Suzanne Caron a rendu ses œuvres lumineuses, en déclinant un simple camaïeu de gris. En plus de sa technique exceptionnelle, ses talents de portraitiste se révèlent dans sa capacité à cerner l’essence de ses modèles. Si Pascale Paoli et André-Daniel Laffon de Ladebat apparaissent fiers et déterminés, le personnage représenté sur notre œuvre dégage quant à lui de l’innocence et de la bienveillance. Littérature - Jeffares Neil, Dictionary of Pastellists before 1800, Unicorn Publishing Group, 2006. - Lafont Anne (Dir.), Plumes et pinceaux : Discours de femmes sur l’art en Europe (1750-1850), Publications de l’Institut national d’histoire de l’art, 2012. - Van Strien Kees, De pastelliste Susanne Caron Wereldberoemd en snel vergeten, Amsterdam University Press, 2012.

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