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Lot n° 36

Jérôme-Martin LANGLOIS (1779-1838)

Result :
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Portrait présumé de la cantatrice Pfeiffer, 1806. Huile sur toile, signée et datée à droite sur la partition “J.Langlois pingebat / 1806”. H. 100 x L. 81 cm. Dans un cadre rectangulaire de bois doré. Historique Jérôme-Martin Langlois est un peintre d’histoire et de portrait parisien. Son père, Jérôme Langlois, miniaturiste et élève de Vien, s’oppose d’abord à ce que son fils se consacre à une carrière de peintre, mais Jacques-Louis David obtient que Jérôme-Martin se rende à son atelier. Le jeune artiste fait de tels progrès qu’il devient l’un des élèves préférés du maître qui le choisit comme collaborateur pour mener à terme plusieurs de ses grandes compositions. C’est ainsi qu’il participe aux figures du tableau de Léonidas aux Thermopyles où il travaille avec Georges Rouget, son condisciple et peint le cheval fougueux du Napoléon franchissant les Alpes en prenant pour modèle Félix, le cheval favori de Napoléon. Plus tard, Langlois fera une copie de ce tableau, qui après avoir été quelque temps à Madrid, se trouve désormais conservée au domaine national de Versailles. La tête du prêtre grec à capuchon rouge dans le tableau du Sacre de Napoléon est entièrement peinte par Langlois également. Le peintre obtient le deuxième prix de Rome en 1805 sur le sujet de la Mort de Démosthène (tableau disparu). Il reçoit le premier prix en 1809. Le sujet donné est Priam aux pieds d’Achille. Il part pour Rome à la Villa Médicis d’où il envoie son tableau Cassandre implorant la vengeance de Minerve contre Ajax qui produit alors un grand effet. Il revient en France en 1815. Il débute au Salon en 1817 et continue à y exposer jusqu’en 1838. En 1824, Langlois, qui est resté proche de David et fidèle aux principes de l’école où il avait été nourri, fait à Bruxelles le portrait de son maître alors suffisamment rétabli pour pouvoir accorder au peintre les séances de pose nécessaires. La peinture, qui ne peut être exposée pendant la Restauration, ne sera présentée au Salon qu’en 1831 et obtient un grand succès. C’est la dernière image connue de David. À la fin de sa vie, Langlois travaille pour l’église Notre-Dame de Lorette et est nommé membre de l’Institut le 7 avril 1838. Notre tableau, peint en 1806, donc trois ans avant le prix de Rome et le départ pour l’Italie, est caractéristique de la formation néoclassique que l’artiste a reçue lors de son enseignement auprès de David. Si l’artiste est largement voué au culte de l’antique, il s’est également exercé avec brio au portrait comme l’illustre notre tableau, représentation grand format d’une femme artiste de l’époque du 1er Empire dont le souvenir a été effacé aujourd’hui. La cantatrice, aux formes voluptueuses, qui serait identifiée comme la cantatrice Pfeiffer (probablement la femme du facteur de piano M. Pfeiffer) est assise au premier plan dans un fauteuil empire de velours vert, un châle rouge reposant sur ses épaules, accessoire incontournable sous le Premier Empire. À l’arrière-plan, la partition de La Colonie, Opéra-comique en deux actes, imité de l’italien et parodié sur la musique d’Antonio Sacchini (1730-1786), évoque l’activité artistique du modèle qui est sans doute l’une des interprètes de cet opéra qui connut un certain succès (Dans le Dictionnaire des opéras de Félix Clément et Pierre Larousse, on en trouve cette description : “des situations vraiment comiques. La musique en est délicieuse, le chant toujours agréable, l’expression vraie, l’accompagnement piquant et pittoresque”). La cantatrice fixe le spectateur du regard, souriant légèrement. Elle est parée de boucles d’oreille en cabochon de verre assez démonstratives. Ce tableau illustre la vie musicale sous l’Empire et plus particulièrement le succès des opéras qui pouvaient être interprétés à l’Opéra, à l’Opéra-Comique ou au Théâtre-Italien, l’impératrice Joséphine manifestant un engouement pour l’art lyrique et plus généralement pour l’art italien. Provenance Collection musicale Charles Pitt (1931-2013), critique musical et historien d’origine britannique. Pitt fit le choix de s’installer en France où il collabora de manière continue dans la revue Opéra international puis pour Opéra magazine. Il fut un membre actif du syndicat professionnel de la critique. Par ses nombreux articles, il a contribué à démocratiser la musique anglaise en France, mais également à faire connaître des opéras plus confidentiels comme ceux d’Inde, du Vietnam ou encore ceux de l’île Maurice. Quelques œuvres de Jérôme-Martin Langlois dans les collections publiques - D’après Louis David, Le premier consul franchissant le mont Saint-Bernard, 20 mai 1800, huile sur toile, Ier quart du XIXe siècle,271 x 232 cm, Versailles, musée du château des beaux-arts. - Cassandre implorant la vengeance d

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