vendredi 08 avril 2016 - 14:30 - Live
Salle 7 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 7500...
Pierre Bergé & Associés
Côte d’Ivoire, peuple Sénoufo. Sculpture de divinité du Poro en cariatide portant l’oiseau Porpianong, bois lourd, traces d’anciennes polychromies, h. 146 cm. Frais compris : 126 700 euros.br>La Côte d’Ivoire est l’un des pays d’Afrique ayant fourni le plus de statues et de masques, grâce aux différentes ethnies qui la peuplent. Baoulé, Dan, Sénoufo, Gouro, Lobi... l’exposition organisée au printemps 2015 au Quai Branly se nommait très justement «Côte d’Ivoire, Les maîtres de la sculpture». Cette divinité du Poro en cariatide portant l’oiseau mythique Porpianong illustre l’art des Sénoufos, qui se porte au plus haut, et les 100 000 euros qu’elle a suscités sont la suite logique de belles enchères prononcées depuis une dizaine d’années. Ainsi, le 26 novembre 2010, la même maison de ventes adjugeait 86 800 euros frais compris une statue présentant les mêmes caractéristiques (h. 155 cm). Le Poro se traduit par une série de rites initiatiques, et l’oiseau Porpianong en est un élément mythique. À ses côtés, dans ce panthéon sénoufo imaginé par la passion d’un collectionneur, se tenaient une statuette féminine debout, cambrée et le visage scarifié (h. 18,5 cm), qui portait sa belle coiffure à 12 000 euros, une sculpture polychrome d’un oiseau primordial sejen ou fijen (h. 40 cm), délicatement posée à 9 500 euros, ou encore une canne-trophée tefalipitya surmontée d’une statuette féminine assise (h. 123 cm) en bois, fer et coton, à la belle patine luisante, qui frappait 13 000 euros. Les Baoulés fournissaient un couple de statuettes waka sona (h. 35 cm chacune) et une statuette de maternité au cou annelé (h. 31 cm) que l’élégance menait respectivement à 5 500 et 7 000 euros. Quant aux Dan, ils arrêtaient les amateurs sur deux masques aux yeux ronds ourlés. Le premier, appelé masque de course gunye ge (h. 22 cm), bombait le front à 22 000 euros, le second (h. 22, 5 cm), présentant une scarification médiane verticale, portait loin son regard à 13 000 euros.br>br>Avec un résultat frais compris de 537 276 euros, on peut se permettre d’affirmer la bonne tenue des artefacts de la Côte d’Ivoire provenant de la collection d’un amateur. Les expositions récentes tant à Paris, au musée du quai Branly, qu’à Montpellier au musée Fabre et aux États-Unis, au Cleveland Art Museum, qui leur étaient dédiés y sont certainement pour quelque chose… et peut être également les esprits protecteurs des ancêtres, si importants.
181 Résultats