Hyacinthe Rigaud (1659-1743), Portrait d’Henri-Oswald de La Tour d’Auvergne, 1735, huile sur toile, 146 x 112 cm. Frais compris : 812 500 euros.br>br>Henri-Oswald de La Tour d’Auvergne est un prince de l’Église. Archevêque de Vienne, premier aumônier du roi Louis XV et premier Français à accéder au chapitre de la cathédrale de Strasbourg, il offre à son portraitiste, Hyacinthe Rigaud (1659-1743), un record mondial (source Artnet) à 650 000 euros, bien au-delà de celui établi à 514 520 euros frais compris en juillet 2008, chez Sotheby’s à Londres, sur le Portrait de Pierre-Vincent Bertin. Pour la petite histoire, ce même tableau détenait déjà le précédent record (Christie’s, Monaco, 20 juin 1992). Toute ressemblance d’Henri de La Tour d’Auvergne avec un personnage politique connu de la Ve République serait, bien sûr, purement fortuite et involontaire… mais la force tranquille qui se dégage de ce portrait est indéniable ! Si l’homme dépeint avec tous les attributs de son rang est un prince, Hyacinthe Rigaud en est un autre dans l’art du portrait, genre qui a fait sa renommée à la cour de Louis XIV. Ce jeune Catalan est tombé dans le monde de l’art un peu par hasard en étant, à la mort de son père, placé en apprentissage chez un doreur d’Avignon, par ailleurs collectionneur de maîtres flamands. Il exerce son oeil à les regarder et sa main, à les copier. Ambitieux, Hyacinthe Rigaud se rend à Paris en 1681, montre ses premiers travaux et remporte l’année suivante le premier prix décerné par l’Académie royale, s’attirant ainsi les faveurs de Charles Le Brun. Une riche clientèle se presse pour avoir la chance de se faire tirer le portrait… L’un de ses clients, Antoine Dezallier d’Argenville, écrira : «Rigaud savait donner à ses portraits une si parfaite ressemblance, que du plus loin qu’on les apercevait, on entrait pour ainsi dire en conversation avec les personnes qu’ils représentaient». Trois siècles et quelques décennies plus tard, la conversation se poursuit.La semaine s’ouvrait de manière royale avec un record mondial enregistré à 650 000 euros pour le Portrait de l’archevêque Henri Oswald de La Tour d’Auvergne, un tableau d’Hyacinthe Rigaud. Il fallait tout de même reprendre ses esprits et, sous la bénédiction à 5 000 euros d’un Christ pantocrator en buste peint sur une icône de mariage russe, de la fin du XIXe ou du début du XIXe siècle, suivre la programmation. L’histoire religieuse se déclinait en tableaux anciens avec L’Adoration de l’Enfant Jésus d’une école flamande vers 1560, suiveur de Joos Van Cleve (72,5 x 55,5 cm), assise dans le décor d’un palais fastueux pour 4 000 euros, et avec Le Reniement de saint Pierre d’une école napolitaine du XVIIe siècle (89 x 66 cm), moment tragique ici évoqué pour 5 000 euros. À 7 000 euros frappait un Paysage au bûcheron (73 x 93,5 cm) de Teodoro Filippo di Liagno, dit Filippo Napoletano (1587-1629), tandis qu’à 9 000 euros se dégageait sur un ciel bleu, dans un panier, un bouquet de fleurs champêtres peint par Élizabeth Bruyère (1776-1842)… laquelle récidivait au lot suivant avec un Bouquet de fleurs aux insectes (50 x 38 cm) pour 7 200 euros. L’après-midi passait avec un Memento mori (h. 22,5 cm) en plâtre de Dantan l’Aîné (1798-1878), honoré de 3 000 euros, et se terminait en Bretagne avec un port décrit à l’huile en 1913 par Paul Madeline (1863-1920), pour lequel 14 000 euros étaient requis.
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