Les lunettes Pierre Marly portées par les stars et différentes personnalités des années 1960 à 1990 étaient accueillies avec le succès qu’elles méritaient (voir Gazette no 18, pages 42 et 43). Celui-ci venait récompenser le travail d’un opticien passionné par son art. Il saluait également un homme de goût et collectionneur à ses heures, dont la propriété s’ornait de tableaux anciens, d’objets d’art et de mobilier choisi. Des monnaies en or illustraient son penchant pour la numismatique. Il s’agissait notamment de deux statères gaulois, Parisii, classe I et classe II, frappés à 11 000 et 10 000 euros, d’un double henri, Lyon 1550, qui changeait de bourse pour 8 500 euros, et d’un double louis «au soleil», Bayonne, 1711, qui s’échangeait quant à lui moyennant 6 500 euros. La Pâmoison de la Vierge entre saint Jean et Marie-Madeleine (115 x 97 cm), une toile de l’artiste italien Giuseppe Bartolomeo Chiari (1654-1724), recueillait 6 500 euros, et un Enfant jouant avec un cerf-volant (92,5 x 72,5 cm) attribué à Philippe Mercier (1689-1760) prenait l’air pour le même montant. L’heure tournait à 15 000 euros, donnée par une montre de poche en argent doré à décor émaillé polychrome d’un large bouquet fleuri, un travail suisse des années 1850 destiné au marché chinois. Au chapitre du mobilier et des objets d’art, on relèvera les 7 500 euros d’un amusant modèle de pendule en bronze patiné et doré, dite «au tournesol», époque Restauration (h. 43 cm), et les 16 000 euros d’une commode à façade cintrée en marqueterie de laiton et écaille de tortue, en partie d’époque Louis XIV (80 x 120 x 68 cm). Les pendules étaient, avec les montres, l’autre passion de ce monsieur. Outre le joli tournesol, deux pendules automates en bois teinté du XIXe siècle rythmaient la cadence de la journée, affichant 8 000 euros pour celle décorée d’un Maure et 5 500 euros pour celle surmontée d’un personnage assis, mangeant des boulettes de pâte. Les lunettes de Michel Polnareff sont indissociables de son personnage, comme le rappelle cette paire en acétate teinté blanc incrusté de strass, enlevée à 5 500 euros. Même nu, comme le montre une épreuve Fine Art prise lors d’une séance photo à Paris en 1972, et vendue ici 1 000 euros, il ne s’en sépare pas. Elles sont devenues sa signature. En revanche, jusqu’à cette vente orchestrée le 13 mai, le grand public ignorait qui était l’auteur de cet accessoire star. L’oubli est réparé, le nom de l’opticien Pierre Marly, décédé en novembre dernier, étant revenu sous les projecteurs. Autodidacte, celui qui rejoint Lissac à 26 ans et prend une grande part dans la création d’un atelier de fabrication pour Silor plus tard membre du groupe Essilor ouvre ses propres magasins à Paris. Il rencontre immédiatement son public, des chanteurs, des actrices, des écrivains et même des présidents. Ils lui seront fidèles grâce à l’inventivité de ses modèles proposés. Celle-ci est rendue possible par l’utilisation de l’acétate découpé. Le modèle «Double croche» en acétate teinté noir, offert à Elton John en 1979, en est une parfaite illustration. Il a réalisé 2 500 euros. Le couple mythique formé par Jacqueline et Aristote Onassis s’affichait avec une paire de lunettes de soleil pour elle, enlevée à 4 200 euros, et une paire de lunettes de vue pour lui, en acétate simulant l’écaille, portée à 3 800 euros. Celle d’Yves Saint Laurent recueillait 4 000 euros, celle de Serge Gainsbourg, 2 100 euros, et celle de César recevait 3 200 euros. L’histoire des stars racontée par leurs regards, un point de vue original… merci Monsieur Marly !
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