Venise dans tous ses états avec Apollonio Domenichini

Le 18 mars 2021, par Caroline Legrand

Précision architecturale et scènes animées, toute la virtuosité du védutisme vénitien se déploie dans une paire de toiles peinte par Apollonio Domenichini.

Apollonio Domenichini (1715-1770), Vue de la Salute et Le Bucentaure retournant au môle le jour de l’Ascension (reproduit), paire d’huiles sur toile, 53 78 cm.
Estimation : 20 000/30 000 € la paire

Longtemps Apollonio Domenichini, dit il Menichino, fut connu sous le nom du «Maître des vues de la fondation Langmatt», en référence à la série de treize vedute conservée par la fondation Langmatt à Baden, près de Zurich. Il fut pourtant un peintre très actif dans la cité des Doges, inscrit dans les registres de la fraglia des peintres vénitiens en 1757. Il faut dire qu’il a aussi appris auprès des plus grands de la discipline, Luca Carlevarijs et Johan Richter. Son premier maître fut l’un des précurseurs du védutisme et eut également pour élève un certain Canaletto ! Avec la redécouverte de l’Antiquité, les artistes mettent alors en avant le patrimoine italien. Fils d’un architecte et peintre, Carlevarijs a orienté sa carrière vers les paysages réalistes, au contact du Hollandais Caspar Van Wittel, rencontré à Rome. Il publie en 1703 un ouvrage qui fera date : Le Fabriche e vedute di Venezia, illustré de grands panoramas au chromatisme clair et lumineux, à la perspective rigoureuse et aux détails architecturaux d’une rare précision. Domenichini a bien retenu la leçon, comme en témoignent ces représentations du palais des Doges ou de l’église de la Salute. Il n’oublie pas non plus d’animer ses compositions de scènes du quotidien ou des traditions locales, comme en cette journée de l’Ascension, où le Bucentaure participe aux célébrations en l’honneur du doge.

Agenda
Les arts de la table seront particulièrement à l'honneur à Reims, avec tout d'abord un exceptionnel service de table en porcelaine de Paris orné en polychromie sur fond vert de cartouches de fleurs et de guirlandes de frises feuillagées et fleuries en dorure, signé Feuillet (10 000/15 000 €). Une ménagère en argent de style Louis XV chiffrée agrémentée de feuillages d'acanthe, de l'orfèvre Robert Linzeler (8 000/9 000 €), et un autre service en porcelaine de Sèvres, celui-ci à fond bleu lapis-lazuli et blanc et décor festonné rechampi de dorure (5 000/6 000 €), l'accompagneront. On admirera par ailleurs aux cimaises une paire d'huiles sur toile d'Apollonio Domenichini, Vue de la Salute et Le Bucentaure retournant au môle le jour de l'Ascension (20 000/30 000 €. Voir Gazette n° 11, page 145), mais aussi une plaque émaillée sur cuivre champlevé signée Jean Goulden, figurant une Bretonne au pot de chrysanthèmes et estimée 5 000/7 000 €. 
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