Du Japon à l’Europe

Le 14 septembre 2021, par Claire Papon

Reflet de la vogue pour l’art d’Extrême-Orient, et tout particulièrement du Japon, cette table est née de la collaboration de la maison Barbedienne avec Édouard Lièvre.

Ferdinand Barbedienne (1810-1892), d’après Édouard Lièvre (1828-1886), vers 1880, table à thé en bronze à patine foncé rehaussée d’or à décor imitant le bambou, de dragons, plateau en émaux cloisonnés ornés de fleurs d’époque Jiaqing, 89 87 56 cm.
Estimation : 8 000/10 000 €

Dessinateur d’ornements et graveur originaire des environs de Nancy, Édouard Lièvre participe à la publication de nombreux ouvrages ornés de ses gravures, afin de faire connaître les chefs-d’œuvre des musées. Grâce aux Expositions universelles, en particulier celle de 1867, il découvre les pays d’Extrême-Orient, notamment le Japon, et appréhende un nouveau répertoire décoratif et des formes originales. Sarah Bernhardt, le peintre Édouard Detaille ou encore Louise-Émilie Valtesse de la Bigne, la plus riche courtisane de Paris, lui passent commande. Cette table associe émaux polychromes sur fond bleu turquoise chinois début XIXe et bronze simulant des bambous, auxquels s’accrochent des dragons. Quittant la Lorraine pour la capitale, Édouard Lièvre est introduit auprès d’importantes maisons d’éditions de bronzes d’art, notamment celle de Ferdinand Barbedienne, née en 1838 de l’association de ce dernier avec Achille Collas. Sous contrat avec des sculpteurs contemporains dont ils produisent et commercialisent les œuvres, les deux hommes créent également de nombreux modèles de bronzes d’ameublement, ainsi que des émaux. S’il produit une partie de ses créations dans un petit atelier, Édouard Lièvre vend l’essentiel de ses dessins à de grandes maisons, parmi lesquelles Christofle, l’Escalier de Cristal et Barbedienne, avec qui il collaborera durablement, son talent lui permettant d’éviter toujours le pastiche…

Agenda
Patientant jusqu'en seconde partie de séance, on pourra tenter de s'offrir une table à thé d'inspiration japonisante en bronze à décor imitant le bambou à plateau en émaux polychromes, réalisée par Ferdinand Barbedienne d'après un modèle d'Édouard Lièvre. Elle est estimée 8 000/10 000 €. Un violon de Gand et Bernardel exécuté à Paris et daté 1886 pourrait dépasser son estimation de 7 000/8 000 €, tout comme deux archets (de violon), l'un de Marcel Lapierre de 1951 annoncé à 2 500/3 000 €, l'autre d'Hippolyte Camille Lamy (dit Lamy fils), des années 1925, à 5 000/6 000 €. Comptez 5 000/6 000 € également pour une commode tombeau Louis XV estampillée Mathieu Criaerd en bois de placage marqueté en feuilles, 3 000/4 000 € pour une technique mixte de Philippe Dereux, Les Albinos, 1993, et enfin, 2 500/3 500 € pour Les Cavaliers de Roger Suraud.
mercredi 22 septembre 2021 - 13:30 - Live
Salle 16 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Pestel-Debord
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