Bronzes sino-tibétains

Le 21 janvier 2021, par Caroline Legrand

L’art sino-tibétain s’invite à Douai grâce à plusieurs bronzes provenant par descendance de la collection d’un ancien administrateur des Douanes en Chine, dans les années 1920.

XVIe siècle. Sujet sino-tibétain en bronze anciennement laqué et doré représentant le bouddha Mahâvairocana (Rufailo), h. 51 cm.
Estimation : 30 000/50 000 

Monsieur le baron de M. avait semble-t-il une préférence marquée pour ces bronzes bouddhistes alliant douceur et préciosité, qui caractérisent l’art sino-tibétain du XVIe au XVIIIe siècle. À la tête d’un ensemble de cinq sculptures, cet important sujet anciennement laqué et doré représente le bouddha Mahâvairocana, également appelé en chinois Rulaifo, ce qui signifie « Grande lumière ». Il est l’un des bouddhas majeurs des écoles tantriques tibétaines et mahãyãna chinoises, illustrant la forme suprême adoptée par l’Éveillé. Après le passage par le « corps de transformation », puis celui « de réjouissance », est atteint le « corps de Bouddha », dit aussi « Dharmakaya », incarnant la vérité. Ici, la divinité est assise en padmasana sur un double lotus, les mains en Dharmachakra mudra (faisant tourner la roue de la loi), vêtue de la robe monastique et parée de bijoux, son chignon étant de plus enserré d’un diadème à cinq fleurons. D’une belle hauteur de 51 cm, elle témoigne de la maîtrise tibétaine de bronze, que les artistes de ce pays travaillent depuis le XIIIe siècle. Daté du XVIIe siècle cette fois, un bodhisattva Padmapani tibétain en bronze laqué or, haut de 25,5 cm, est quant à lui debout sur un lotus, la main droite abaissée en varada mudra – le geste du don –, la gauche levée en vitarka mudra – celui de l’argumentation : il sera présenté avec une estimation à 6 000/8 000 €. Il provient lui aussi de la collection du baron de M., administrateur en Chine dans les années 1920, tout comme un bodhisattva Manjusri tibétain du XVIIIe en bronze doré (h. 16 cm) ; assis en padmasana, richement paré de bijoux, ce dernier brandit de sa main droite une épée et tient dans la gauche une tige de lotus, dont la fleur monte à hauteur d’épaule  (4 000/6 000 €). Un choix divin de bronzes

Agenda
Cinq bronzes issus de l'art sino-tibétain ou tibétain du XVIe au XIXe siècle marqueront cette vente, d'autant qu'ils proviennent de la collection du Baron de M. qui fut administrateur des douanes en Chine dans les années 1920. Au plus haut, à 30 000/50 000 €, sera présenté un bouddha Mahavairocana en bronze anciennement laqué et doré issu d'un travail sino-tibétain du XVIe siècle (Voir Gazette n°3 page 90). On signalera encore un sujet en bronze doré représentant la bodhisattva Vajradhara en padmasana sur un double lotus réalisé au Tibet au XVIIIe siècle (5 000/7 000 €).  Alentour, dans ce programme, un mobilier de salle à manger art nouveau réalisé par la maison Édouard Diot en noyer mouluré et sculpté à décor végétal stylisé, pommes et branches de pommier (1 500/2 500 €), ou encore un groupe en faïence émaillée crème de Douai de la fin du XVIIIe, figurant Hercule revêtu de sa léonté combattant l'hydre de Lerne (1 500/2 000 €). 
samedi 30 janvier 2021 - 02:00
Douai - 45, rue du Gouvernement - 59500
Thomas Maison de Ventes
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