Jean Degottex ou la peinture réinventée

Le 03 décembre 2020, par Caroline Legrand

Provenant d’une collection particulière, treize œuvres de Jean Degottex seront dispersées, avec pour mot d’ordre la recherche plastique.

Jean Degottex (1918-1988), Papier plein soulevé - n° 16, 1976, papier vélin Arches 400 g daté du 30.10.1976, n° d’inventaire 147, 170 95 cm.
Estimation : 12 000/15 000 

« Jean Degottex ne cherche pas à sortir de la peinture. Il cherche, à partir d’une économie de moyens, à recommencer et à la réinventer. Il ne cesse de réinterroger les moyens de la peinture. Ce n’est pas un homme de l’habitude, c’est un homme de la réinterrogation », pensait l’historien de l’art Pierre Wat de cet artiste dont les treize œuvres présentées lors de cette vente illustreront deux périodes de sa création. Tout d’abord celle de la fin des années 1960 avec une encre sur papier datée du 28 novembre 1969 (110 74 cm, 8 000/12 000 €) et un acrylique sur papier, Metasphère, en date du 22 mai 1966 (63 49,5 cm. 6 000/8 000 €). À partir du fameux été 1954, Jean Degottex s’est orienté vers un style plus personnel, abandonnant ses œuvres inspirées de l’abstraction lyrique pour se tourner vers des compositions réalisées à même le sol, sur lesquelles il trace des dessins à l’encre de Chine, des calligraphies proches de l’art oriental, dont la feuille de 1969 fournit ici un beau témoignage. Naît à partir de là une peinture du geste, du signe. Si elle se veut rapide et instantanée, cette expression est aussi mûrement réfléchie et se traduit bien souvent par la réalisation de séries. La réflexion sur la notion de vide, sur l’espace pictural, s’accentue au fil des années, ses œuvres flirtant avec l’épure, comme on le perçoit dans les autres toiles de cette vente, estimées entre 3 000 et 40 000 €, se rattachant à la période 1976-1979. Degottex s’attaque alors à des techniques nouvelles, utilisant des matériaux différents – et bien souvent de récupération, comme le bois, la brique ou le papier. L’artiste travaille la matière et la surface du tableau, plie, colle, déchire ou gratte, jusqu’à révéler une autre dimension de la peinture, à l’image de Papier report bleu de 1977, attendu à 8 000/12 000 € (80 120 cm), de Dépli bleu de 1979 (90 90 cm, 25 000/30 000 €), et enfin de Débris 4, un grand format de 220 220 cm annoncé à 30 000/40 000 €. Chez Jean Degottex, «la toile n’est plus un support. Elle n’est même pas, comme chez certains, un élément de sensibilisation de la surface. Elle est le corps de l’œuvre», explique encore Maurice Benhamou.

Agenda
Jean Degottex (1918-1988), peintre qui marqua la scène artistique française avec des œuvres abstraites nées de sa réflexion sur le geste et le signe, sera présent au travers de treize œuvres. Estimées entre 3 000 et 40 000 €, elles seront dominées par la toile baptisée Debris 4, au format carré de plus de deux mètres de côté, à envisager à 30 000/40 000 €. L'architecte Pierre Jeanneret prendra la relève avec plusieurs de ses meubles provenant de Chandigarh, dont une table basse dite Coffe Table, datée vers 1960 et destinée à l'Assemblée (8 000/12 000 €). La dernière partie de cette vente proposera une importante sélection d'œuvres d'art africain dont un fétiche nkisi nkond des Kongo Vili de la République démocratique du Congo, servant au nganga (sorcier) à exaucer les vœux des consultants pour envoyer des sorts ou les conjurer (12 000/15 000 €), et un masque fang nigil de Guinée équatoriale, recouvert de kaolin blanc (6 000/8 000 €). 
samedi 05 décembre 2020 - 14:00 - Live
Fains-Véel - Z.A. sous Lambelloup, 9, rue de la Verrerie - 55000
Cappelaere & Prunaux
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